Historique de l'archidiocèse

ÉGLISE DE BOUAKÉ COMMENCEMENTS…

Les débuts de cette histoire sont largement inspirés du livre publié par le Père Jean DHUMEAU en 1975, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Église Catholique à Bouaké.

Pour la suite, chaque Paroisse ou Communauté a raconté son histoire.
Le Père Michel CARTERON s’est chargé de mettre en ordre tous ces souvenirs.
(Les illustrations sont dues au talent de Monsieur KOBLAN KRA Justin)
Bouaké, Février 1995

UN FAUX DÉPART (1902)

  • 13 Janvier 1902
    Les Pères Jean-Marie BEDEL et FER quittaient Dabou pour un voyage d’environ 1200 km qui, par le pays Boualé, devait les conduire jusqu’à Korhogo, avec retour par l’Indénié. À pied, souvent à travers de petits chemins de brousse.
  • 7 Février
    Arrivée à Bouaké, ou plus exactement à Gbwèkèkro, dont le chef KOUASSIBLÉ, par suite de mésentente avec les militaires français, venait d’aller fonder Kouassiblékro, à une dizaine de kilomètres à l’Est. Les Pères font des projets…
  • 7 Mars
    Le Père BEDEL reprend la route du Nord. Bon accueil à Korhogo par le chef Gon COULIBALY.
  • 28 Mars : Vendredi Saint
    Retour à Bouaké. Entretemps, le Père FER a construit une petite case au quartier Liberté, et c’est là qu’ils célèbrent les fêtes pascales avec quelques enfants chrétiens.
    Les Pères rendent visite aux chefs de village. Ils font choix d’un terrain pour y installer la mission à leur retour et prennent la route du Sud par Ngroumagna et Comoé. Le Père Alexandre HAMARD, Préfet Apostolique, les attendait à Alépé et juge bon de les envoyer se reposer un peu en France. Seul le Père FER suit son conseil…
    Le 9 Décembre, le Père BEDEL repart pour Bouaké, accompagné de Louis OUENDETE.
  • Le 14 Janvier 1903
    Arrivée à Bouaké. Mais ce n’est plus le Bouaké d’il y a un an. Le Père en a déjà fait l’expérience en route. C’est la guerre partout, le temps ne convient pas du tout à une fondation. Les deux (2) Pères partent donc vers le Nord jusqu’à Korhogo, et c’est là qu’ils fondent la mission.

23 ans d’attente

Pendant ce temps, Bouaké se développe. Il y avait le village Baoulé de Gbwèkèkro, le vilage Liberté formé par les anciens captifs de Samory libérés par les militaires, les bâtiments de l’Administration.
Le 20 Avril 1912, le premier train entre en gare. La ville prend alors un rapide essor. Les maisons de commerce s’installent au Sud de la voie ferrée, des commerçants viennent de partout, notamment du Sud, et parmi eux, il y a quelques chrétiens.

Les débuts (1925)

  • Vers la mi-octobre 1925, arrive de Dabou le Père Joseph SCHMIDT (48 ans, 23 ans d’Afrique). Mgr MOURY, Vicaire Apostolique, l’a choisi pour fonder la mission de Bouaké, pour de bon, cette fois.
    Il est accueilli par des chrétiens appoloniens. Chez les DAMTI, NOBOU, AKPAGNY, AGNOUNOU BENZE, KUNY, KOBENAN James, il trouvera le gîte et le couvent durant les premiers mois.
    L’emplacement de la mission est choisi : entre les quartiers africain et européen, juste au Nord de la voie ferrée. Et le Père commence à construire une maison avec briques et tuiles rouges venues de Moossou. Le vestibule d’entrée, non fermé, servira de Chapelle en attendant mieux.
    Les premiers Baptêmes datent de cette année 1925. En 1927, Mgr MOURY vient donner les premières Confirmations.
  • Octobre 1927 : Arrivée du Père PARAGE, un jeune, 28 ans.
    Août 1928 : Le Père SCHMIDT s’en va en congés…. Et ne reviendra pas. Par la suite, il ira fonder Dimbokro (1931) à cause de sa mauvaise santé. Il est remplacé le Père Eugène OLIVAIN, 30 ans.
    Il arrange une petite Chapelle, en attendant l’église dont les murs commencent bientôt à sortir de terre. Elle devait être dédiée à Saint Martin. Mais, Mgr MOURY avait remis aux Pères 15.000 francs donnés par une famille pour la construction d’une Chapelle à Sainte Thérèse. Saint Martin n’ayant rien donné, c’est Sainte Thérèse qui sera choisie comme protectrice de la mission naissante, d’autant plus que sa canonisation coïncidait avec la fondation de la paroisse.
    Les Pères commencent à visiter la région : des catéchumènes et des catéchistes bénévoles se manifestent à Béoumi, Sakassou, Raviart, Bamoro…

AKANZA OKWLÈ (1929)

  • À la fin de 1929, arrive un petit Père à qui la rousseur de sa barbe vaudra bientôt le surnom de Akanza Okwlè. Agé de 36 ans, le Père Jean ALLEZARD a déjà servi à Katiola et à Tafiré. Il a de l’expérience, un courage à toute épreuve, une parole et une plume vigoureuse dont les autorités n’apprécieront pas toujours le mordant.
    Au début du Père OLIVAIN (fin 1930), l’église est pratiquement terminée. Le Père ALLEZARD, resté seul, fera les finitions en attendant une inauguration qui ne sera jamais faite.
    AKANZA Okwlè parcourt les villages. Son dynamisme, sa gaieté laisseront un souvenir inoubliable. Bien des vieux se souviennent encore de lui. Il faut dire aussi qu’il est resté très longtemps dans la région (de 1929 à 1946), alors que tant d’autres n’ont fait que passer.
  • La première école (1933)
    Dès le début, les Pères ont rêvé d’une école. Ils ont demandé une extension de leur concession, en descendant vers le Nord. Officiellement, et réellement au début, c’est une plantation d’arbres fruitiers et de caféiers où il n’est pas rare de rencontrer des biches…
    L’école est construite près de l’église, en briques de terre. Elle commence officiellement en 1933 avec pour premier directeur le Père Jean-Baptiste BOIVIN (35 ans) qui vient d’arriver. Dans la première équipe de maîtres, François AKOTO YAO, père du futur ministre Paul AKOTO YAO.
    Le Père BOIVIN est appelé fin 1936 à Bingerville pour y diriger le petit séminaire qui vient de s’ouvrir. Il ne se doutait pas qu’il reverrait Bouaké trois (3) ans plus tard, mais comme Vicaire Apostolique pour y donner la Confirmation. Il est remplacé par le Père François PEYVEL, qui tout en dirigeant l’école, seconde le Père ALLEZARD dans les villages les plus proches.
    Cette école comptera un jour parmi ses élèves, les petits Auguste NOBOU, Vital YAO, Maurice KOUASSI.
  • Les premières Sœurs (1937)
    1937, trois (3) Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, Mère AGATHE et les Sœurs ALOYSIA et HERVÉ, débarquent à Bouaké pour connaître l’intérieur du pays, avec des intentions de fondations. Après 48 heures de séjour, leur décision est prise : elles vont s’installer au cœur du pays Baoulé.
    En Novembre, au début de la saison sèche, le Père ALLEZARD entreprend le chantier. Les trois (3) premières « femmes en blanc », les Sœurs ALOYSIA, EUPHROSINE et CAMILLE arrivent le 19 Mai 1938. Le Dimanche 29 Mai, en la fête de Notre-Dame des Apôtres, le Père ALLEZARD bénit la nouvelle maison. Le 1er Septembre, l’école des filles ouvre ses portes aux 13 premières élèves.
    L’année suivante, les Sœurs ouvrent leur dispensaire. Les soins sur place sont complétés par des tournées en brousse… à bicyclette.
  • Premiers enfantements (1943-1948)
    De nouveaux prêtres viennent aider le Père ALLEZARD : le Père Martin FEVRE qui remplace le Père PEYVEL à la direction de l’école, en Octobre 1940 ; le Père Louis GIRE.
    En Europe, c’est la guerre : les difficultés économiques se font sentir jusqu’en Côte d’Ivoire. Des prêtres sont mobilisés et rejoignent le camp militaire : ils donnent un coup de main à la paroisse : les Pères Jules SAVEAN et André CASSARD.
    Le Père MARTEL arrive en 1943, mais à peine arrivé, il est mobilisé et rejoint Bobo-Dioulasso pour aller participer à la campagne d’Italie.
    Les Pères continuent de visiter les villages et d’y ouvrir des Chapelles « avec enseignement catéchétique ».
    1er Octobre 1943 : Le Père DELATER est nommé à Béoumi. La nouvelle mission, fondée officiellement le 10 Octobre, entraîne avec elle Sakassou et Botro. Dans chaque centre, le Père trouve une école catholique.
    Avril 1946. Le Père ALLEZARD rentre en congés. Il ne reviendra pas. Demeuré en France, devenu sourd, il mourra à la Croix-Valmer le 17 Avril 1971.
    Le Père OLIVAIN, un ancien, vient assurer la relève. Jusqu’en 1949, il sera secondé successivement par les Pères Paul DEVIENNE, Michel ROZE et Joseph LE GLATIN.
    En 1948, à son tour, MBAHIAKRO se détache de Bouaké. C’est le Père Louis GIRE qui prend en charge cette immense région qui s’étend jusqu’à la Comoé. Tiébissou se détachera quelques années plus tard, en 1954.

Le Père… puis Monseigneur André DUIRAT (1949-1951)

1949 : Deux (2) semaines après Pâques, arrive le Père André DUIRAT. Après deux (2) ans passés à Toumodi, il vient remplacer le Père OLIVAIN.
Il découvre une immense paroisse avec des problèmes matériels, pastoraux…, de constructions à faire, des aumôneries à assurer, des catéchistes à former, des villages à visiter, des écoles à diriger…
Octobre 1949 : Le Père Maurice PAVAGEAU vient renforcer l’équipe. Il prend surtout en charge le service des villages. Ils les visite à bicyclette, accompagné du fidèle catéchiste Pascal KOFFI. Le Père LE GLATIN continue d’assurer la direction de l’école qui commence à se sentir à l’étroit dans l’enceinte de la mission.
Le 17 Mai 1951, la nouvelle éclate : Rome a créé la nouvelle Préfecture Apostolique de Bouaké, formée des Cercles du Baoulé (Bouaké) et du N’zi-Comoé (Dimbokro).
Le siège est prêt, mais personne n’est encore désigné pour s’y asseoir. Il faudra attendre le 26 Octobre pour voir arriver de Rome, un télégramme au nom de Monseigneur André DUIRAT.
Malgré son refus, Rome maintient sa décision, et le Dimanche 25 Novembre, Mgr BOIVIN vient installer à Bouaké, son premier Préfet Apostolique, en présence notamment du député Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
Un Préfet Apostolique n’est pas encore un évêque. C’est en 1956, à la création du Diocèse de Bouaké, que Mgr DUIRAT sera nommé évêque. Il sera sacré à la Basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon, le 08 Décembre 1956, en la fête du Centenaire de la Société des Missions Africaines (SMA).

On s’organise (1951-1955)

Septembre 1951 : L’autorail dépose sur le quai le Père Jean DHUMEAU qui hérite des charges du Père LE GLATIN, notamment l’école et la chorale.
Début Décembre 1951 : Le Père André CHASSAIGNON vient remplacer comme curé de Bouaké, Mgr DUIRAT qui élit domicile dans une ancienne case de moniteur.
Depuis quelques temps, l’école était à l’étroit. On avait acquis un terrain derrière l’hôpital, en pleine brousse pour faire plus grand. À Pâques 1952, les élèves s’installent dans ce qui deviendra plus tard l’externat Saint André.
Les Pères quittent la vieille maison du Père SCHMIDT et viennent s’installer en Juin 1952 dans l’ancienne école que le Père PAVAGEAU a transformée en maison d’habitation. L’ancienne mission servira de local pour les réunions de la JOC qui vient de démarrer avec François IMBOUA et un groupe de jeunes Tagouanas. La JOC de Bouaké connaîtra dans les années 55, des heures glorieuses.
Octobre 1952 : Arrivée du Père Yves LEMIGNON qui vient mettre sa forte carrure au service des villages, à vélo, jusqu’à Tiébissou par exemple.
Le Père PAVAGEAU, devenu responsable de la mission au départ du Père CHASSAIGNON (1952), continue à l’équiper par la construction de six (6) chambres de passage.
Mgr DUIRAT, parti en France en Mars chercher du personnel, revient le 20 Novembre. À son arrivée, il a la surprise de trouver, encore inachevé, mais habitable, un vrai « évêché » construit par le Père DELATER, curé de Béoumi, au fond de la concession, à l’emplacement de l’ancienne bananeraie de la mission.
Avril 1954 : Arrivée du Père LE GOFF. Pendant plusieurs années (1954-1962), il s’occupera surtout des villages, laissant le Père PAVAGEAU plus libre pour s’occuper des chantiers d’écoles et de missions : Tiébissou, Mbahiakro, plus tard Sakassou, Bocanda, Ouellé.
Septembre 1955 : Arrivée du Père Clément AUDRAIN. Il ne restera pas longtemps et sera surtout le « résident » de la mission, à cause de son âge et de sa santé.

Les Clercs de Saint Viateur (1955)

En Juillet 1954, les Clercs de Saint Viateur, désireux de faire quelque chose en Afrique francophone, avaient envoyé en tournée d’inspection le Père Michel SUDRE, alors Vicaire de l’Institut. Mgr DUIRAT avait fait des propositions pour un Cours Normal. C’est son projet qui fut retenu par le Père BONNAFOUS, alors Provincial.
Il envoie le Frère Roger VIARGUES en éclaireur début Septembre 1955. Il s’installe à la mission, il prend en charge le CM2 de l’école, puis la direction. Il aide le Père DHUMEAU pour la pédagogie et la catéchèse, fait renaître le scoutisme et prépare la fondation du Cours Normal.
Juin 1956 : Les démarches finissent par aboutir pour un terrain de six (6) hectares à Ngattakro. Fin Juillet, le Père PAVAGEAU ouvre le chantier de construction.
Début Septembre, arrivent trois (3) nouveaux « Clercs » : le Père Jean LAUR, les Frères René GALTIER et Célestin TERRIER. Ils ouvrent deux (2) classes de la Sixième (6è) et une école primaire annexe à trois (3) classes dans les locaux inachevés. L’équipe loge à la mission en attendant que leur résidence soit achevée (1er Janvier 1957).
Les frères forment de futurs maîtres ; ils suivent aussi les maîtres en exercice. Les Frères MORIN, FUALDÈS, CANO, puis d’autres, viennent les rejoindre peu à peu. Leur action ne se cantonne pas aux études : catéchèse, aumôneries, scoutisme, clubs, fanfare, sport… Le Frère MORIN fondera les camps scouts de Kongodékro et de Manikro. Le Frère FUALDÈS secondera le Père DHUMEAU pour la formation pédagogique des maîtres.
En 1961, Saint Viateur construit sa Chapelle, et chaque année qui vient, voit quelque nouveau bâtiment s’ajouter et le nombre d’élèves augmenter.
En 1964, la Côte d’Ivoire supprimera les Cours Normaux. Saint Viateur deviendra Collège 1er Cycle. Le 2è Cycle sera ajouté en 1969. En 1976, les Frères passeront la direction aux laïcs ivoiriens. En 1993, le second Cycle sera ouvert aux jeunes filles.
Les Frères ouvrent un Juvénat sur place en 1961. En 1967, ce Juvénat sera transféré route de Béoumi sous le nom de « Foyer Jeune Viateur ». Il y aura deux (2) premiers religieux ivoiriens en 1967, mais ce premier essai ne sera pas le bon. Un noviciat sera construit et démarrera effectivement avec succès en 1988.
En attendant, le Foyer sera un lieu d’accueil et de rencontre très demandé (5000 journées par an de participants dans les années 93). Le Frère Paul ALAZARD l’agrandira, le Frère François VEYRIE construira la Chapelle « Notre-Dame des Fruits ».

1957 – 1958

Octobre 1957 : L’Abbé Bruno KOUAMÉ, qui vient d’être ordonné en 1956 après son Séminaire à Ouidah, prend la direction de l’école. Le Père DHUMEAU est désormais accaparé par la Direction de l’Enseignement et l’inspection des 257 classes du Diocèse. Son bureau vient d’être construit dans la concession de l’école.
Le Père Frédéric MENARD, arrivé en Juillet 1956 pour s’occuper de la catéchèse du Secondaire, prend la direction de la paroisse, en remplacement du Père PUAUT nommé à Mbahiakro.
Printemps 1958 : Arrivée de trois (3) nouveaux prêtres : le Père Émile CARPINETTI, du Diocèse de Fréjus ; le Père Joseph PASQUIER, du Diocèse d’Angers, descendu de Haute-Volta où il travaillait depuis vingt (20) mois ; le Père Claude FRICKART, Eudiste.

Le Séminaire (1959-1960)

Le Père FRICKART vient en avant-garde pour prévoir l’installation du Grand Séminaire sur l’ancien aéroport, route de Mbahiakro, comme en avait décidé la Conférence Épiscopale.
Mais, à la suite d’un changement d’avis du Délégué Apostolique de Dakar, le projet est subitement abandonné au profit d’Anyama, aux portes de la capitale. Le Père FRIKART quitte donc Bouaké, après avoir assuré, l’année durant, la catéchèse dans les collèges. Il sera le premier Supérieur du Grand Séminaire et deviendra plus tard Évêque Auxiliaire de Paris.
Le projet se modifie : ce sera un petit Séminaire.
Il s’ouvre dès Octobre 1959, mais dans l’enceinte de la mission, avec l’Abbé Bruno KOUAMÉ et… quatorze (14) élèves (dont Fulgence APPIA qui sera prêtre en 1974) sous le patronage de Saint Joseph Artisan.
Le chantier est dirigé par le Père Clovis NIEL, venu prendre la relève du Père PAVAGEAU à la tête de l’équipe de maçons de la mission.
Le Séminaire s’ouvrira en Octobre 1961 avec les Pères Jacques GUILLAUME, du Diocèse de Dijon, Bruno KOUAMÉ et Louis PERRIE, du Diocèse de Rodez. On y verra passer les Pères Frédéric MENARD (1963), Pierre CHASSAIGNE (1963-1969), Joseph HÉRY (1963-1970), Louis ROLLAND (66-70), Alphonse RAPION (69-74), et des séminaristes français faisant leur temps de service militaire en coopération.
À la rentrée d’Octobre 1970, le Séminaire changera d’orientation : il recevra les séminaristes de tous les diocèses devant suivre le Second Cycle B (sans diplômes) nouvellement créé par la Conférence Épiscopale. De l’ancienne équipe, seul demeurera le Père RAPION, comme Supérieur de la nouvelle maison, secondé par le Père Pierre PAVAGEAU. Le Père HERY partira pour le Séminaire de Gagnoa, le Père ROLLAND pour la mission de RAVIART.
Le Père Paul CHATAIGNE prendra la direction en 1972, puis le Père Joël ROY. Ensuite, la direction passera au Clergé ivoirien : Pierre-Claver GUITTEY, Barthélemy GOBOU, Pierre GOUÉ.
Prêtres et séminaristes participeront régulièrement à la pastorale et à la catéchèse des paroisses de la ville.

La vie monastique à Bouaké (1959-1963)

  • Juin 1959 : Le Père MÉNARD rentre en France, malade.
    Septembre 1959 : Le Père PAVAGEAU est nommé curé de Mbahiakro. Le Père PASQUIER prend les rênes de la paroisse.
  • Le 7 Décembre 1959, arrive à Bouaké, la première équipe de moines bénédictins : Dom Denis MARTIN, prieur du monastère de Toumliline, au Maroc, et initiateur du projet de fondation, les Pères Jacques DE CHARRY, premier Supérieur, et Édouard LE BEL. La première installation, plus que sommaire, se fait dans l’ancien abri du goniomètre du terrain d’aviation désaffecté, route de Mbahiakro, tout près du chantier du Séminaire.
    Les travaux de construction avancent très vite, si bien que le 17 mai 1960 arrive par le train une nouvelle équipe de 7 moines. La chapelle sera achevée fin juillet 1962, et l’hôtellerie recevra ses premiers retraitants, sous le regard de sa patronne, Sainte Marie.
    Dom Denis avait contacté à Paris un bon architecte, Mr Louis de Marien. Il vint voir les lieux et proposa son plan. L’originalité de la construction, basée sur les matériaux du pays, attirera bien des visiteurs et vaudra au monastère un numéro spécial de la très sérieuse revue ‘’l’Art sacré’’.
    Pour subsister, les moines commencent par planter un verger de manguier et d’agrumes, un jardin potager. Bientôt, ils lanceront la fabrication de yaourts et l’élevage de poules pondeuses.
    Le monastère entre en contact avec les villages voisins : on y vient à la prière, on vient se faire soigner. C’est ainsi que se présentera le premier postulat, un catéchiste baoulé, Augustin KOUADIO, qui fera ses premiers vœux le 11 novembre, suivi, en novembre de l’année suivante, par Étienne KOUAKOU, qui sera ordonné prêtre en 85 et sera le premier Prieur ivoirien.
    Le monastère accueille alors de nombreuses sessions, retraites, congrès. On se souvient particulièrement du Père Charles LYONNET, longtemps hôtelier discret et accueillant, du Père Vincent GUERRY, maître en langue et culture baoulé, qui fit même un essai de vie solitaire près de Brobo…
    De 1971 à 1975, Dom Denis MARTIN assume la charge de Prieur. Il remettra la destinée du monastère au Père Bernard POUPARD, le 25 février 1975 pour se retirer en France où il mourra en 1986.
    C’est en ces années que le monastère adopte la psalmodie de KEUR Moussa (Sénégal), avec accompagnement de Kora et de tambour.
    Seront ensuite prieurs : le Père Étienne KOUAKOU (85-92), le Père Dieudonné OUÉDRAOGO (92-94), le Père Jean DÉCOVILLE, depuis 94.
    Les dernières années verront de nombreux aménagements, notamment dans la chapelle, rendue plus claire et moins vulnérable aux termites.
    Beaucoup de chrétiens, en groupes ou isolés, cherchent au monastère un havre de prière, de silence et de paix.
  • En septembre 1960, la Mère Abbesse de Pradines vient ‘’prospecter’’ pour la fondation d’un monastère.
    Le 12 septembre 1962 arrivent les trois premières moniales : Mère Marie, Sœurs Cyrille et Bénédicte. Le 7 septembre, Mgr DUIRAT bénit la première pierre du nouveau monastère. En attendant, les Sœurs sont hébergées chez leurs frères bénédictins.
    Le 3 janvier 1963, arrivent de nouvelles moniales, Sœurs Louis de GONZAGUE, Jeanne d’Arc et Pascale. Les cellules du monastère de la ‘’Bonne Nouvelle’’ sont prêtes pour les accueillir. Il y en a même une qui est prévue pour recevoir le Seigneur, à titre d’oratoire, en attendant la bénédiction de la chapelle que le Père DHUMEAU fera le 13 octobre suivant.

La Cathédrale de Bouaké (1960-1962)

L’ancienne église du Père ALLEZARD, malgré les améliorations apportées, ne convenait plus au rôle de Cathédrale d’une ville de la dimension de Bouaké.
Le 30 novembre 1960, en la fête de Mgr DUIRAT, le premier coup de pioche est donné sur le chantier de la future Cathédrale. La société des Dragages se charge d’exécuter les plans réalisés par Monsieur STROBEL, architecte suisse qui a mis ses talents au service des Missions.
Le dimanche 8 janvier 1961, devant les autorités, Mgr DUIRAT procède à la bénédiction et à la pose solennelle de la première pierre. Noël pourra être célébré à l’abri, sous un toit.
Hélas, le travail va être endeuillé par un terrible accident.
Le 26 juin 1962, le Père bénédictin Augustin DE SOOS mettait la dernière main à la pose des vitraux. C’est alors que l’échafaudage volant, se décroche de la charpente, entrainant dans sa chute le Père Augustin et Jean-Joseph DAMA, son manœuvre. Le Père est tué sur le coup, Jean-Joseph le suivra quelques jours plus tard.
L’œuvre du Père DE SOOS sera achevée par le Père Michel SAURET qui vient d’arriver.
Le 1er octobre 1962, jour de la fête de Sainte Thérèse, Mgr René KOUASSI, premier prêtre ivoirien, originaire de diocèse de Bouaké, inaugure l’Église-mère du diocèse en chantant la première grande messe solennelle dans la Cathédrale.
Il faudra attendre 1975, l’année du Cinquantenaire, pour que la Cathédrale soit consacrée par Mgr DUIRAT, en présence de son successeur Mgr Vital YAO. Et il faudra attendre 1984 pour qu’elle soit dotée de ‘’vraies’’ cloches.

De nombreux prêtres en renfort

Le Pape Pie XII, dans son Encyclique Fidei Donum (1957), avait invité les anciennes chrétientés à prêter des prêtres aux jeunes Églises. Au cours de ses séjours en Europe, Mgr DUIRAT avait fait part de ses besoins en personnel à de nombreux Évêques. Ses appels ne sont pas restés vains, et à partir des années 60, de nombreux prêtres, surtout français, viennent prêter main forte aux Pères des Missions Africaines, traditionnellement engagés dans le Diocèse, et des prêtres baoulés récemment ordonnés.
Après les premiers,
Alfred KOUAKOU, en 1951, (décédé le 19 mai 1983)
Bruno KOUAMÉ, en 1956,
Auguste NOBOU, en 1959,
Arrive une nouvelle promotion :
1964 : Vital KOMÉNAN YAO, ordonné à Rome à la fin de ses études, et qui célèbrera sa première messe à Bouaké, le 1er novembre 1967,
1965 : Maurice KONAN KOUASSI,
1966 : Joseph YAO KOUAKOU.
Les prêtres étrangers se succèdent :
Émile CARPINETTI, de Fréjus (58-63) : il construira notamment pour les ‘’paralysés par l’âge’’ le cours d’adultes qui deviendra plus tard la maison des religieux de Saint Vincent à Air-France II.
Louis PERRIÉ, de Rodez (60-66) : professeur au Séminaire, il en construira la Chapelle, et fondera tout près de là pour les CV-AV, le camp qui porte encore son nom.
Jean POUGET, de Rodez (60-72) : il s’occupera surtout des villages.
Pierre MOREAU, d’Angers (60-66) : aumônier des étudiants.
Jacques GUILLAUME, de Dijon : supérieur du Séminaire.
Alain HUSSON, pradosien de Nancy (61-75) : il fonde le Centre Rural pour la formation des agriculteurs et lance dans la région les premiers GVC, avec son équipe : les Marie-Jo, Félix, Éliane, Juliette… A son départ, il laisse le travail aux ivoiriens, mais plutôt l’équipe se disperse.
René MARRE, de Rodez (61-66)
Michel SAURET, de Clermont-Ferrand (62-88) : c’est lui qui restera le plus longtemps, ajoutant aux activités paroissiales ses compétences universelles dans la construction, la réparation et les travaux matériels de toutes sortes.
Yves BOUYET, d’Angers (63-67)
Constant GABARD, d’Angers (66-69)
Jean-Paul JOLLAND, de Clermont-Ferrand (67-71)
Pierre BOURDONCLE, de Rodez (66-71)
Jean DUTUEL, de Clermont- Ferrand (69-70)
Yvon ALBESPY, de Rodez (69-73)
Fernand CHAFFARD, d’Annecy (71-74)
Paul VAN RAVESTYN, Père Blanc du Mali (71-73)
Un enfant du pays, Maurice KONAN KOUASSI, passera aussi deux ans à la Cathédrale après son ordination.
Tout cela, sous la direction du Père PASQUIER, curé de la Cathédrale pendant 24 ans, de 1959 à 1983.

De nouvelles paroisses se préparent (1964-1970)

Cela fait beaucoup de monde ! Mais la ville grandit, les établissements scolaires se multiplient, la chrétienté s’étoffe, des communautés se rassemblent dans les quartiers, des Chapelles se construisent (Gonfreville en 64, Paris-Bouaké en 65, puis, ce sera Liberté, Ahougnansou…).
Les prêtres de la Cathédrale et du Séminaire assurent une présence active, en attendant que les paroisses soient créées.
De nouveaux Ordres religieux viennent s’installer : Frères Maristes, Religieux de Saint Vincent de Paul, Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, Ursulines de Sion, …
En novembre de 1968, à l’emplacement de la première mission disparue il y a un an, le Père DHUMEAU prépare de nouvelles constructions : Procure diocésaine et Direction de l’Enseignement Catholique pourront cohabiter dès mars 1969 dans un bâtiment spacieux et fonctionnel.

Du nouveau pour les jeunes (1966-1972)

En 1963, Mgr DUIRAT, préoccupé par les situations difficiles que vivaient de nombreuses jeunes filles de la ville, avait contacté Thérèse CORNILLE, fondatrice de ‘’Claire Amitié’’.
Son appel fût entendu. En 1964, Thérèse elle-même vint prendre contact sur place avec Mgr DUIRAT et les autorités de la ville.
L’année suivante, trois monitrices arrivent : Marthe LEMAÎTRE, Marie-Madeleine LABLEE et Angèle BOCCIARELLI.
Elles commencent par sillonner les quartiers de la ville afin de rencontrer les jeunes filles, de connaître leurs besoins et leur mentalité.
En janvier 1966, à quelques pas de l’École Saint André, elles ouvrent le Foyer ‘’Clair Logis’’.
Fin 1969, les frères maristes espagnols viennent s’implanter à Bouaké. Dès octobre, les Frères Cayetano QUINTANA et Javier GONI sont reçus à Saint Viateur où ils vont demeurer, professeurs et hôtes de la maison, deux années durant.
En octobre 1971, ils occupent le nouveau Foyer des Étudiants qui vient d’être bâti sur la concession de l’Externat Saint André. En même temps, leur communauté s’agrandit avec l’arrivée des Frères Félix GONZALEZ et Jose-Luiz MONT.
Ils construisent aussi un internat. À la rentrée 72, il recevra son plein de 48 élèves. Le Frère Félix réorganise le cours d’adultes de l’école Saint André.
Le Frère José-Maria ROMERO vient s’adjoindre à l’équipe, pour s’occuper à plein temps de la catéchèse des jeunes. Il participe activement à la Commission des Vocations et lancera en 81 le bulletin ‘’Klen Kpli’’. À partir de 80, il sera aidé par le Frère Félix SANTOS.
En 1990, arrive le Frère Benigno CASTILLA RUIZ. Il donne une impulsion nouvelle au Cours d’adultes qui devient École Champagnat, du nom du fondateur des Frères Maristes. L’École prend une dimension culturelle, avec séances de cinéma, conférences, excursions.
Un noviciat est construit près de la maison pour les jeunes appelés par le Seigneur à prendre la relève…

Monseigneur Vital YAO, évêque de Bouaké (1973)

Nommé évêque de Korhogo, l’abbé Auguste NOBOU, alors Directeur National des Œuvres, avait été consacré à Korhogo le 9 janvier 1972. Le dimanche suivant, il venait chanter sa première grande messe pontificale à Bouaké.
Le 17 mai 1973, la nouvelle part de Rome : l’abbé Vital KOMÉNAN YAO, actuellement professeur d’Écriture Sainte au Grand Séminaire d’Anyama, est nommé évêque de Bouaké, en remplacement de Mgr DUIRAT, démissionnaire.
Le 29 juillet dans sa Cathédrale, Mgr DUIRAT, assisté de Mgr NOBOU et de Mgr YAPI, Auxiliaire d’Abidjan, procède à l’ordination épiscopale de celui qu’il avait baptisé le 24 juin 1950.
Le 1er septembre, matin de son départ, Mgr DUIRAT concélèbre une dernière fois avec les prêtres de la ville.

À la rentrée, le Père DHUMEAU passe la Direction de l’Enseignement à M. Félix ZACKO et Eugène KOUADIO. Ils s’installent dans leurs nouveaux locaux près de Saint André. Le Père DHUMEAU s’installe à Liberté.
Au quartier Kennedy, Mgr Vital construit sa résidence.

Cinquante ans déjà (1975)

Le 5 octobre 1975, en la solennité de Sainte Thérèse, on fête le cinquantenaire de l’Église à Bouaké, et la consécration de la Cathédrale. Mgr DUIRAT est revenu pour la circonstance. C’est lui qui consacre, le samedi soir. Le dimanche, Mgr Vital préside le cinquantenaire, en présence du Président HOUPHOUET-BOIGNY.

Une nouvelle étape (1975-1995)

Une première étape de la vie de l’Église qui est à Bouaké a été franchie. Elle est maintenant dirigée par un fils du pays. Elle a déjà des prêtres issus de son terroir ; d’autres vont venir grossir les rangs dans les années qui viennent :
74 Fulgence APPIA,
75 Théodore KOUADIO YAO,
83 Michel BAFLAN,
85 Benoît YAO KOUADIO,
86 Joseph KAKOU KPIN,
88 Nestor KONAN, Joseph ÉKANZA,
89 Joseph TANO OI TANO, Joseph BEUGRÉ,
Émile KOUADIO KAN, Georges HOKA YAO,
Emmanuel YAO KOUAKOU,
91 Joseph N’GUESSAN KOUAKOU,
Emmanuel KOUAKOU KOFFI,
92 André ALLOU, Marcel MARCOLINO,
Jean-Marie YOBOUA KAKOU,
Siméon KOUAMÉ (étudiant en Espagne)
94 Alphonse KOUAMÉ LOUKOU,
Fulbert ATIWA KOUADIO.
Une foule de laïcs sont dans l’évangélisation. En ville comme dans le reste du diocèse, des paroisses sont nées et sont maintenant bien vivantes. Ces premières pages ont raconté surtout la chrétienté de la ville, en particulier de la paroisse Cathédrale. Nous la suivrons encore pour les années récentes, puis, nous laisserons les autres paroisses, en ville ou en dehors, nous dire leur propre histoire, surtout leurs débuts. Toutes ne seront pas au rendez-vous. À sa création en mars 1992, le nouveau diocèse de Yamoussoukro en a emporté un certain nombre, et bien des prêtres ordonnés pour Bouaké resteront désormais dans le nouveau diocèse, ou le rejoindront un jour s’ils y sont nés…

La paroisse Sainte Thérèse de la Cathédrale de 1975 à 1995

Au lendemain du Cinquantenaire, il y a à la Paroisse Sainte Thérèse :
Le Père Joseph PASQUIER (58-83)
Le Père Michel SAURET (62-88)
Le Père Alphonse RAPION (74-87), Directeur des Œuvres et Procureur.
Le Père Jean-Marc LEGRAND (74-87), venu à Bouaké après de longues années au Burkina-Faso ; il s’occupe particulièrement des Burkinabés, et, par la suite de l’Hôpital.
D’autres viendront assurer le service de la paroisse, des aumôneries, des mouvements, des églises nouvelles…
Jean-Marie MAESTRAGGI, de Marseille (75-84) : aumônerie des étudiants, église Saint Joseph Mukasa.
Joseph YAO KOUAKOU (81-93) : villages du secteur de Diabo.
Eugène DUCASTAING (82-86) : CV-AV.
André GUERET (83), curé de la Paroisse : il remplace le Père PASQUIER qui prend sa place comme curé de Dimbokro.
Michel CARTERON (83) : Direction des Œuvres, Catéchistes, création d’un Service Audio-visuel. Théodore KOUADIO (83-87).
Louis ROLLAND (86-88) : église Saint Joseph.
Alphonse ALLIRAND (88) : église Saint Joseph, hôpital, villages.
Nestor KONAN (88-92) : JEC
Joseph N’GUESSAN KOUAKOU (91) : JEC, villages.
Benoît KOUADIO (93), de retour après des études à Rome.

De la vie quotidienne bouillonnante d’une grosse paroisse, on ne peut citer ici que quelques événements particulièrement importants.

1978
Le Père AMMAN construit une nouvelle Procure. À l’emplacement de l’ancienne, il fonde la Librairie-Imprimerie de la Cathédrale (LICA). Il passe ensuite la direction à M. Bernard CLAVREUILLE. Après quelques bonnes années, surtout après 1984, la LICA sombrera.
1980
Première ébauche du Conseil Paroissial.
1981
Début de ce qui deviendra l’Association des Couples chrétiens, par des sessions de préparation au mariage avec le couple SARRAZIN. Le 31 mai, sacre de Mgr Bruno KOUAMÉ, évêque d’Abengourou. Création de ‘’Klen Kpli’’, la revue des jeunes en recherche de vocation.
1983
Septembre : arrivée des Pères GUERET, CARTERON, RANCHIN, Théodore KOUADIO, à une heure où des affiches annoncent partout « enfin de vraies cloches à la Cathédrale ». Il s’agit en fait de la cotisation organisée pour trouver les dix millions nécessaires à l’installation de véritables cloches destinées à remplacer les cloches électroniques trop peu efficaces.
1984
Vendredi 23 mars, concert par les Petits Chanteurs à la croix de bois.
Dimanche 25 mars, consécration solennelle des quatre (4) ‘’vraies’’ cloches de la Cathédrale : Thérèse, André, Anne-Marie et Jeanne Michèle. Les maisons Bollée (fondeur) et Bodet (électrification), auront fini leur travail pour la Vigile Pascale du 21 avril, les cloches, arrivées au sommet du clocher, sonneront pour la première fois en l’honneur du Christ ressuscité.
Avril, parution du premier numéro de l’ÉCHO, bulletin du diocèse de Bouaké, sous la direction du Père RANCHIN.
Octobre : Bénédiction de la photo authentique de Sainte Thérèse par Mgr Vital. Cette photo se trouve désormais au-dessus de l’autel de semaine.
1985
Plusieurs naissances : la chorale Sainte Marie, l’Association des Couples chrétiens, l’Association Sainte Thérèse.
1986
On commence à célébrer la messe régulièrement à l’Hôpital Central dans l’ancien ‘’cercle’’ aménagé en chapelle.
Naissance de la ‘’Caritas-Junior’’
Décès de Mme Colette LENOIR, membre de la Caritas à Bouaké. C’est ici qu’elle était née en Côte D’Ivoire, en 1960.
1987
Le 29 et 30 novembre : soirées d’évangélisation avec le Père TARDIF. Deux soirs de suite : prédication, messe, prière de guérison. Ce sera le vrai démarrage du ‘’Renouveau Charismatique’’ à Bouaké.
1988
11 décembre : reconnaissance officielle et envoi en mission par Mgr Vital de l’Association Saint Camille fondée par Grégoire AHONGBONON.
25 décembre : messe de minuit au stade, retransmise en direct par la Télévision.

1989
15 juin : bénédiction du nouveau presbytère que Mgr Vital vient de faire construire pour les prêtres de la Cathédrale.
16 août : le Père Giovanni DE FRANCESCHI vient s’installer dans la maison acquise par les pères du PIME au quartier Kennedy.
8 octobre : rassemblement national de la Légion de Marie.
26 novembre : célébration des Noces d’argent sacerdotales de Mgr Vital YAO, en présence du Chef de l’État. Un pagne à l’effigie de Mgr pérennise l’évènement.
1990
12 février : concert par les ‘’Petits chanteurs de Saint Marc’’ de Lyon.
10 septembre : consécration de la Basilique de Notre-Dame de la paix par le Pape JEAN-PAUL II à Yamoussoukro.
1991
Commencement de la préparation du Synode Africain. Distribution du questionnaire, réunions dans les groupes et les quartiers.
7 juillet : fête des 25 ans d’ordination de l’abbé Joseph YAO KOUAKOU à Bouaké puis, à Diabo.
1992
15 janvier : Conférence de Mme Hildegarde GOSS-MEYER sur la non-violence évangélique. Un groupe d’action naîtra de cette rencontre.
25 mars : Création du nouveau diocèse de Yamoussoukro, avec Mgr Bernard AGRÉ comme premier évêque. Les paroisses de Yamoussoukro, Tiébissou, Didiévi, Raviart, Toumodi, Dimbokro, Bocanda, Mbatto, Tièmélèkro, passent au nouveau diocèse.
Septembre : parution de la traduction en baoulé des Évangiles et des Actes des Apôtres, cadeau du diocèse de GORIZIA (Italie).
29 novembre : messe de départ des célébrations du Centenaire de l’Évangélisation en Côte D’Ivoire, présidée par Mgr Vital YAO, avec des délégations de toutes les paroisses du diocèse.
31 Décembre : première grande nuit du Renouveau Charismatique.
1993
Vendredi 19 mars : une immense procession accompagne du CHR à la Cathédrale, le corps du Père Adrien JEANNE, curé de Béoumi.
23 mai : assassinat du frère Antoine CHOMIENNE à Saint Viateur.
31 mai : bénédiction de la Chapelle Saint Antoine de Padoue à Kennedy.
9 octobre, 22h30 : une grande tornade d’une violence inouïe entraîne toute la Charpente de l’autogare UTB sur le toit de la Cathédrale.
Beaucoup de dégâts : toiture, plafonnage, plusieurs vitraux de la verrière avant-droite.
1994
Février : Lancement d’un mouvement des Professeurs et Éducateurs catholiques de Bouaké, et de son bulletin de liaison V.E.C. (Voix des Éducateurs Catholiques).
10 avril : le Synode Africain commence à Rome. Mgr Vital YAO y participe. Tout le diocèse se met en croisade de prière.
17 juillet : À la Cathédrale, ordination sacerdotale des abbés Alphonse KOUADIO LOUKOU et Fulbert ATIWA KOUADIO.
Septembre : L’abbé Maurice KONAN KOUASSI, qui vient de perdre sa maman (son papa la suivra bientôt) est nommé curé de la Cathédrale. L’Abbé Benoît KOUADIO prend sa place à Saint Jean-Baptiste. Le Père André GUERET rejoint Daoukro.

PAROISSES DE LA VILLE

SAINT PAUL DE GONFREVILLE (1964)

C’est à partir de 1956 que quelques ouvriers de l’usine Gonfreville, surtout des Voltaïques, notamment des Bissas, se rendent régulièrement à la paroisse Cathédrale pour le catéchuménat et la messe du dimanche. On note le baptême de six d’entre eux en 1959.
À partir de 1960, une réunion de prière est tenue tous les dimanches dans le quartier d’Allamankro, dans la maison de Pascal ZOMBRA. Au début, les gens du quartier se moquaient un peu de ces chrétiens, disant qu’ils étaient une église Voltaïque. Puis, progressivement, des ivoiriens du quartier se joignirent à eux : Roch CARVALLO, Jean KOUASSI, Joséphine ADJUA…
En 1964, des réunions de prière se font à Soungalokro (Nyankounkro) autre quartier de Gonfreville, sous un apatam.
En 1964, la messe est célébrée pour la première fois sous cet apatam par le Père Yves BOUYER. La même année, la mission obtient le lot actuel, et le Père Michel SAURET construit une petite chapelle (8x16m), avec poteaux de teck et toiture de paille. La Chapelle est dédiée, comme cela se doit, à Saint Paul, patron des tisserands. En 1967, le Père Jean DUTUEL fait remplacer la paille par des tôles. Il vient chaque dimanche.
En 1970, le Père SAURET construit une Chapelle en dur (14x6m). Le service du dimanche est maintenant assuré chaque dimanche par le Père Jean-Paul JOLLAND. Cette même année, arrivent les Sœurs Ursulines de Sion : elles viennent de s’installer à Ahougnansou et travaillent aussi sur Gonfreville (catéchèse, alphabétisation, culture…)
Maintenant, un prêtre vient chaque dimanche de la Cathédrale. Ce n’est jamais le même, mais certains ont été plus fréquents : le Père CHAFFARD (71-74), le Père LEGRAND (74-77), le Père AMMAN (77-79), le Père CESAREO et l’abbé Joseph KOUAKOU (82-83).
6 novembre 1983, le Père Marcel RANCHIN est présenté à la paroisse par le Père André GUERET, Vicaire Général, comme responsable permanent. Il est nommé officiellement le 12 mai 1984 comme résident, et s’installe effectivement le 5 septembre après avoir aménagé les locaux existants. L’Église n’est cependant pas paroisse autonome, et elle comprend le quartier de Gonfreville et celui de la Zone industrielle.
1986, l’Église est devenue trop petite. Le Père RANCHIN fait construire un grand apatam en face de l’entrée. Il servira d’église à partir de Noël 1986.
22 janvier 1989 : Bénédiction des fondations d’une nouvelle église qui entre en service dès Noël.
28 mai 1992, la nouvelle église est bénite par Mgr Laurent MANDJO. Une autre église a été construite à la Zone.
Depuis l’année 1983, où le Père RANCHIN est venu vivre à Gonfreville, la communauté s’est étoffée, quelques villages se sont se sont ouverts (Kpangbabo, Amanikro, Allokokro…), les groupes se sont multipliés. La nouvelle église, malgré ses 600 places, est déjà trop petite.

SAINT JOSEPH MUKASA de SOUKOURA (1965)

Dans les années 60, les quartiers s’appelait Pars-Bouaké ou Soukouradjan. C’était un quartier en construction, non encore loti. Le cimetière occupait la place de la pharmacie Kennedy, en arrière, se trouvait le village de Koffikro.
De l’autre côté de la route de Mbahiakro, dans la brousse, il y avait le Cours Normal de Garçons, devenu par la suite (l’ENI) et aujourd’hui le CAFOP 3. Plus près de la route, le Cours Normal de Jeunes Filles (actuel Lycée) dont Mme GUILLON, femme de l’Inspecteur Primaire fut longtemps la directrice. Plus proche, l’École primaire appelée École annexe. Plus loin, le village de Kassoukro, peuplé de Baoulés.
Les gens qui sont venus s’installer dans ce quartier sont pour la plupart des Burkinabés, Guinéens, Maliens, Nigérians, et autres étrangers qui cherchaient du travail en ville. Il y avait aussi des commerçants du marché. On vivait bien, car le travail se trouvait facilement et les affaires étaient prospères. Cependant, on construisait en banco puisque le terrain n’était pas loti.
Il y avait dans le quartier, une majorité de musulmans, mais, il y avait aussi des chrétiens. Parmi eux, les Samoghos étaient les plus unis. Tous allaient à la Cathédrale, de même qu’un groupe important de jeunes filles du Cours Normal, conduites en rangs par une surveillante.
Tout ce déplacement a donné l’idée au Père PASQUIER d’acquérir le terrain et d’y édifier un lieu de culte.
Le terrain est acquis auprès du chef de Kouassiblékro par le don de 22 sacs de ciment. Mgr DUIRAT fait don du hangar métallique qu’il avait pu obtenir lors de la première Foire de Bouaké. Vers 1960, le Père NIEL pose les fondations. Les Pères SAURET et PASQUIER s’occupent du montage du hangar. Le reste du travail est laissé à la charge des chrétiens. Une cotisation est lancée par groupe ethnique, les employés de l’IRTC paient par mois, même les filles du Cours Normal apportent une participation substantielle pour l’époque.
Novembre 1965, la Chapelle est enfin inaugurée par le Père Emmanuel SOMÉ (des Pères de Sant Martin) qui était venu donner une retraite aux Samoghos.
Le Père PASQUIER avait un tableau des martyrs de l’Ouganda pour orner le petit autel de gauche. L’un d’eux, Joseph Mukasa, fût choisi comme patron de la paroisse.
Il fût d’abord question de confier la Chapelle aux prêtres de Saint Vincent de Paul, mais, ils préféraient opter pour le quartier d’Air-France. Ce fût donc aux Pères du Séminaire que revint le soin d’animer la messe dominicale. Les Pères venaient avec des séminaristes pour animer la messe et faire chanter. Ainsi se succédèrent les Pères PAVAGEAU, Paul CHATAIGNE, Joël ROY. La Cathédrale dirigeait la catéchèse, les Sœurs NDA venaient pour la formation des filles : Sœur Joëlle, Melle JACQUOT, plus tard les Sœurs Piera, Carla, Marie-Bernard.
Progressivement, les Pères du Séminaire se retirent et les Pères de la Cathédrale reprennent le service dominical : Pères MAESTRAGGI, DUCASTAING, ROLLAND, et depuis septembre 1988, le Père Alphonse ALLIRAND. Les Pères avaient commencé à assurer la messe quelquefois en semaine en 1987. Depuis 1989, le Père ALLIRAND célèbre à Saint Joseph chaque jour.
La catéchèse et l’animation des CV-AV avec les séminaristes se faisaient au début dans les locaux de l’École Annexe. Depuis l’arrivée du Père ALLIRAND, on se débrouille avec les moyens dont on dispose sur place. Pendant les vacances 89, le Père a ajouté la salle contigüe à l’apatam appelée ‘’Salle jaune’’.
Depuis les débuts, la communauté chrétienne a fortement évolué. Au début, la chapelle était fréquentée par une majorité de Burkinabés, surtout des Samoghos. Leur catéchiste Jean-André FOLANE avait même été installé comme gardien dans les locaux construits près de la Chapelle. L’assistance était composée surtout d’adultes, la Chapelle était loin d’être remplie et la Parole de Dieu était traduite en Dioula, langue comprise par la majorité.
Puis, vers les années 80, la communauté s’est diversifiée, les enfants et les jeunes sont devenus majoritaires, et tous les mouvements sont maintenant représentés.

(BELLEVILLE)

Au-delà de Sokoura s’étend le grand quartier de Belleville. On peut préciser : Belleville I, Belleville II, et même Belleville III.
Depuis longtemps, on parlait d’obtenir un terrain pour y édifier un lieu de culte. Le Père MAESTRAGGI, de 82 à 84, puis, le Père ROLLAND, avaient essayé sans succès. Enfin, un terrain est obtenu. Il est bénit le 22 mars 92, et le 17 décembre suivant, commence la construction d’une salle destinée à être un Foyer de jeunes, mais, qui sert de lieu de culte depuis septembre 93 en attendant que l’Église soit édifiée.
La communauté de Belleville avait commencé avec les laïcs. La messe était célébrée deux dimanches par mois dans l’enceinte de la pharmacie Aimé DIMBOUR…
Le lieu de culte achevé, un certain nombre de ceux qui allaient à Saint Joseph resteront à
Belleville. Mais pour le moment, le plus grand nombre des chrétiens de Belleville qui vont à la messe préfèrent se rendre à la Cathédrale pour des raisons de commodité.


(KENNEDY)

Tout proche de Sokoura se trouve le grand quartier de Kennedy. La plupart des pratiquants du quartier ont des moyens de locomotion, ils préfèrent se rendre à la Cathédrale ou au monastère où ils peuvent trouver une messe tardive.
Cependant, les Pères du PIME, qui ont leur maison d’accueil dans le quartier, viennent d’y construire une Chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue : elle a été bénite le 31 mai 1993.

(KOUASSIBLÉKRO II)

Enfin, au-delà de l’ENSOA, proche du Monastère de la Bonne Nouvelle, il y a le quartier Oliénou ou encore Kouassiblékro II. Les catholiques y ont construit une chapelle en briques de terre, couverte de tôles. Elle n’est pas encore entièrement achevée.
Bientôt, tous ces lieux de culte qui naissent, et les communautés qui s’organisent autour d’eux, demanderont des prêtres à demeure. Et il y a aussi les nombreux villages qui s’ouvrent à l’Évangile au-delà des limites de la ville…

SAINT MARTIN D’AIR-FRANCE (1968)

À Air-France I, on avait ouvert une première classe, annexe de l’École Saint André, en 1958. Puis en 1960, un peu plus loin, on avait créé encore 3 classes, sous un hangar.
Le quartier se développant rapidement, et le nombre des chrétiens également, la première classe était devenue chapelle. On lui avait donné le nom de Saint Martin, qui aurait dû être le patron de la Cathédrale si Sainte Thérèse ne lui avait pris pas la place. Les prêtres de la Cathédrale venaient régulièrement y dire la Messe.
En novembre 1965, Mgr DUIRAT était à Nancy exposer aux sœurs de la Doctrine Chrétienne les immenses besoins de son diocèse. Les supérieures étaient venues à Bouaké, elles avaient vu, et elles avaient donné leur accord pour une fondation à Air-France.
On construisit donc pour elles un bâtiment scolaire de 3 classes.
Le 14 septembre 1967, arrivent à Bouaké les Sœurs Aline SHUL, Henriette MARCHAL, Gilberte REYNAUD, Antoinette BLASE. Elles se mettent tout de suite au travail : école, PMI, catéchèse, promotion féminine.
En août 1968, le Père Alexandre COUTURE, religieux de Saint Vincent de Paul, arrive en précurseur, de la maison de Bobo-Dioulasso, pour fonder la deuxième paroisse de la ville sur l’indication de Mgr DUIRAT.
Le 20 octobre, le Père COUTURE chante la première messe à la Chapelle de Saint Martin. Le 2 novembre, le frère Roland VIDAL vient le rejoindre, puis, le 4 novembre, les Frères Pie SOMÉ et Bernard TRAORÉ. La communauté s’installe dans l’ancienne École des paralysés par l’âge, qui devient leur presbytère au quartier Air-France II.
Le 10 novembre, en la solennité de sa fête, Saint Martin se voit officiellement confier le patronage de la deuxième paroisse de la ville de Bouaké. Le Père COUTURE est installé comme premier curé. Dès, le 1er janvier 1969, on ouvre les registres paroissiaux.
Alors, commence une longue et efficace collaboration avec les Sœurs de la Doctrine Chrétienne.
1970, le Père François CHANIAC remplace le Père COUTURE. Il fait équipe avec les Frères Ferdinand SANON et Élie SOMÉ.
1971, le Père Emmanuel BONTÉ remplace le Père CHINIAC. Avec l’aide de Maurice KONAN, président du premier Conseil Paroissial, il obtient du maire DJIBO Sounkalo un terrain pour la construction d’une nouvelle église. Le Frère Serge REDUREAU le seconde pour les travaux. Il s’emploie aussi à fonder la Mison de l’Enfance à la Rue 2, et à organiser le futur Foyer Charles Lwanga (le Patro actuel).
10 novembre 1973, Mgr Vital YAO, qui vient d’être sacré, bénit la première pierre de la nouvelle église.
10 novembre 1974, un an plus tard, Mgr Vital YAO, bénit l’église et procède à la consécration de l’autel avec les reliques de Jean-Gabriel PERBOYRE, martyrisé en Chine en 1840.
Le 1er Décembre, la nouvelle église voit ses premiers Baptêmes, en juin 75, ses premières Confirmations.
1977, Jeudi-Saint, la paroisse pleure la Père BONTÉ.
Le 11 septembre 1977, le Père Jean VÉZIANT est installé comme curé.
1978, Léger redéploiement de personnel dans la communauté. Le Père Jean MAZENOD remplace le Père Paul PASQUIER comme vicaire.
La nouvelle équipe entreprend des travaux de restauration : remise en état de la Chapelle d’Air-France I, réfection du clocher de l’église, pose du plafond, modification du chœur, pose de dossiers sur les bancs.
Depuis 1980, la paroisse est très vivante et progresse : le nombre des baptêmes et des mariages augmente, les ressources aussi. Aux jours de fête, l’église refuse du monde.
1983, arrivée du Frère Joseph-Marie SOMÉ qui donne une belle impulsion au Patro. Dieu le rappellera en 86.
1990, le Père MAZENOD est appelé à servir au diocèse de Gagnoa. Il est remplacé par les Pères André MORET et Henri de PENFENTENYO.
Les laïcs sont encouragés à s’engager dans les mouvements de spiritualité : Service Monde Meilleur, Renouveau Charismatique, Chemin Néo-catéchuménal (8 communautés). Il y a onze (11) communautés chrétiennes de quartier. Le Patro connaît un bel élan. Au mois d’août 92, 250 enfants ont assidûment fréquenté le Centre de Vacances, dont 140 non-chrétiens.

NOTRE-DAME DE NAZARETH de LIBERTÉ (1970)

C’est à ‘’Liberté’’ qu’en 1902, le Père FER avait construit la première mission provisoire, simple casse couverte de paille…
Les gens du quartier ont découvert l’Église en même temps que les autres de Bouaké dans les années 25. Mais, on doit signaler que deux jeunes d’Assèkro, Marcel BROU et Augustin N’GORAN ont été baptisés à Katiola en 1929, après avoir connu l’Église par un vieux chrétien Agni qui travaillait avec eux à la voie ferrée. Mais, ils ne purent guère entraîner leurs frères, l’opposition des vieux était alors très violente. Cependant, quand le Père Paul LE GOFF sillonna la région et construisit une Chapelle en dur en 1960, la communauté d’Assèkro put démarrer, ainsi que celle toute proche, de Bamoro, dont les catéchumènes connaissent les mêmes difficultés.
1960, c’est l’année où quelques chrétiens de ‘’Liberté’’ obtiennent sur le chantier de Kamounoukro quatre lots pour la construction d’un lieu de culte.
1967, les travaux d’aménagement commencent, sous la direction du Père Michel SAURET. On nettoie le terrain, on creuse un puits, un hangar est monté, qui deviendra église.
Cette même année 1970, le gros des constructions est achevé. Les premières cérémonies sont célébrées dans l’Église : le chemin de Croix est animé par la Sœur Antoinette. La première messe y est célébrée le soir du Jeudi-Saint par le Père SAURET. Le 1er juin, il fait le premier baptême, celui de Géneviève COULIBALY, le Père JOLLAND assure l’Eucharistie tous les dimanches.
1971, le Père Paul RAVENSTYN dessert le quartier. Mais, occupé à l’évangélisation de la brousse, il demande au Père Jean DHUMEAU, alors Directeur de l’Enseignement, d’assurer les célébrations du dimanche.
1973. En janvier, le Père Paul LE GOFF rentre définitivement dans sa Belgique natale. En juillet, c’est le sacre de Mgr Vital. En septembre, le Père DHUMEAU prend la charge effective et la responsabilité du quartier. Avec lui, les religieuses s’investissent de plus en plus dans la paroisse, pour la catéchèse et la formation des femmes.
L’église est en service mais, il reste les finitions. Mai 1974, la statue de la Vierge, œuvre du Père NIEL, prend place dans le chœur. Mgr Vital la bénira au cours d’une cérémonie imposante.
On commence aussi les démarches pour avoir des religieuses à demeure. Après un triduum de prières, une lettre collective est adressée à Mère Philippe, leur supérieure Générale. Le 5 janvier 1975, une réponse positive est donnée par sœur POIRE, de passage à Air-France.
Leur logement sort de terre. Sur la concession de la mission, le Père SAURET construit l’apatam puis, le presbytère.
Le 31 août 1976, on inaugure. Le Père DHUMEAU s’installe au presbytère, les Sœurs Antoinette BLAISE, Aline SHUL et Christiane LOMBARD dans leur nouvelle maison.
La paroisse va prendre le nom de Notre-Dame de NAZARETH. Au départ, à cause de l’aide financière des Libanais, les premiers bâtisseurs donnèrent à l’Église le nom de Saint CHARBEL, moine libanais. Mais, comme la paroisse est destinée à tous les chrétiens du quartier, le Père DHUMEAU va proposer l’idéal de Nazareth, une famille qui prie et qui travaille. Cependant, Saint CHARBEL restera en bonne place pour répondre à la dévotion des gens et tout spécialement des libanais.
Au fil des ans, les travaux se succèdent : plantation d’arbres, construction de Calvaire chez les Sœurs, salles pour le Foyer féminin (payées par Lions-Club). Dans l’église, réfection des murs, installations des cloches, pose des vitraux… Et la vie paroissiale va de l’avant.
Le 26 juillet 1981, le Père DHUMEAU est rappelé en France. Alors, Mgr Vital demande aux Clercs de Saint Viateur de prendre en charge la paroisse. Le Père Yves LE MIGNON assurera l’intérim pendant une année.
Octobre 1981 : le Père Roger DEBAUD et le Frère Gérard MORIN s’installent.
Gérard restera 3 ans. C’est l’homme des bois, toujours prêt avec sa Datsun à patrouiller la ville au service d’une dizaine de troupes scoutes.
Les autres Clercs de Saint Viateur viennent donner un coup de main pour les catéchèses, pour quelques messes ou pour les grandes célébrations. Le Père Maurice ESPIE lancera en 1990 le Cours Biblique.
Sœur Aline part en 1986. Sœur Marie la remplace un an. Puis, ce sera une laïque, Paulette FLAMAND, et enfin Sœur Virginie en 89-90. Après 90, Sœurs Antoinette et Sabine resteront seules. À la maison, en 1988, Jean-Paul TOURÉ, qui fait partie des Associés aux Clercs de Saint Viateur, prend la relève de Jean- Paul BAMBARA.
1990. les Clercs de Saint Viateur décident de restructurer leur communauté. On bâtit un nouveau presbytère, et à la mi-novembre, le Père Jorge NESTARES et le Frère Paul ALAZARD viennent rejoindre le Père Roger. Un jeune postulant de France viendra étoffer la communauté.
Le Père Jorge sera plus particulièrement responsable des jeunes : il sera leur guide spirituel. Grâce à une Pajero tout-terrain, don de Luxembours, Roger et Paul pourront visiter les campements les plus démunis, aider les chrétiens abandonnés et susciter de petites communautés de foi.
Les dernières années ont vu de nouvelles réalisations, pour faire face à l’accroissement de la communauté : salle de célébration pour enfants, réfection de l’église, local scout, garage…
1991 sera l’année des villages. Réparation des églises d’Assèkro et de Bamoro : toiture, plafond, électricité. Nouvelle église à Abokro. Tout près, le Sanctuaire Marial Notre-Dame, des Champs.
D’autres projets sont en route : une nouvelle Chapelle en ville, une dans un village…

SAINT JEAN-BAPTISTE D’AHOUNYANSOU (1976)

Ahounyansou (en Baoulé, ‘’sur le sable’’), quartier Ouest de Bouaké est formé de deux villages, Kprikro et Koliakro, autrefois séparés, maintenant englobés tous deux dans la ville.
Dans les années 50-60, des deux villages vivaient à l’ombre d’un complexe industriel dont le fondateur s’appelait LEDENT. L’usine recrutait sa main d’œuvre sur place, l’argent entrait dans les familles, l’animation régnait, les idées nouvelles faisaient leur chemin. C’est ainsi que les ouvriers envoyèrent très volontiers leurs enfants à l’école. Or, il y avait à Bouaké à l’époque bien peu d’écoles : l’École ‘’régionale’’ (actuelle Ville-nord et Ville-sud) et l’École de la Mission Catholique, la plus renommée. Beaucoup de parents choisirent l’École Catholique. À travers l’enseignement chrétien donné aux enfants, l’Évangile entra peu à peu dans les familles. Ce n’était vraiment qu’un début, car de tous les enfants baptisés à l’école, bien peu devenaient des adultes pratiquants.
En 1968, Mgr DUIRAT contacte les Sœurs Ursuline de Sion, en Suisse, pour une fondation à Bouaké. La réponse est favorable. Des Sœurs viennent d’être expulsées de Guinée : elles sont disponibles et elles ont l’expérience de l’Afrique.
En mai 1970, elles arrivent. Mgr DUIRAT les installe rue du Collège Technique et leur confie le quartier d’Ahounyansou, avec quelques activités sur Gonfreville. Tout de suite, elles se mettent au travail : visite des familles, catéchèse, soins aux malades, promotion féminine, …
Sur le terrain acquis par la Mission, on construit un petit studio avec deux salles : c’est là que les groupes se réunissent. C’est là aussi que le Père RAPION commence à célébrer la messe régulièrement le dimanche.
La grande salle s’avère bientôt trop petite. Les chrétiens lancent une souscription et construisent un apatam de 200 places, inauguré à Noël 70.
1971-1973. La communauté s’organise. Les Sœurs et les laïcs mettent en place un embryon de Conseil Paroissial.
1973. On construit un deuxième bâtiment de trois (3) grandes salles. Déjà, on parle d’une future paroisse Saint Jean-Baptiste, car c’est vraiment une zone de première évangélisation.
1975. Premiers baptêmes : une dizaine d’enfants et une quinzaine de jeunes.
Mgr Vital confie au Père Jean CHARDIN, le Père blanc, la construction d’un presbytère.
1976. Deux autres Pères blancs, le Père Jean CHAUVINEAU et le Père Dominique AMMAN, le rejoignent dans le nouveau presbytère, bientôt suivis par l’Abbé Fulgence APPIA.
La même année, l’Arche, fondée par Jean VANIER, vient installer une communauté dans le quartier : elle sera dans la paroisse un appel permanent à l’attention aux plus pauvres.
Déjà, on pense à construire une grande église. Mr Franz Van BEERS est chargé d’élaborer les plans.
1978. Une nouvelle équipe vient prendre en main la paroisse. L’abbé Maurice KONAN KOUASSI est nommé curé. Avec lui, le Père Jean-Louis THERON, qui assume la pastorale des enfants de la rue, et le Père Philippe PARENT, qui s’occupe particulièrement du quartier de Zone Industrielle.
25 janvier 1981. Inauguration de la nouvelle église par Mgr Auguste NOBOU, qui préside la messe, Mgr Vital YAO et Mgr Paul DACOURY. Cette église est pratiquement un don de l’Église de Suisse, qui assure la plus grande partie des dépenses.
1982. Mise en place des premières Communautés Chrétiennes de Base dans les quartiers.
Arrivée des Sœurs de Saint Joseph de Rodez, Sœurs Simone VIGUIE et Marguerite LAUR. Sœur Simone prend en charge le Camp Pénal : soins, alphabétisation, artisanat, … En liaison avec le mouvement ATD-Quart Monde, elle créera plus tard la ‘’Maison des Métiers’’ pour la réinsertion des prisonniers libérés qui veulent prendre en main leur vie par le travail.
1983. Départ des Pères THÉRON et PARENT. Arrivée du Père Marcel RANCHIN, après un service en France. Il est nommé responsable de Gonfreville et de la Zone Industrielle, qui sera définitivement détaché d’Ahounyansou en 1990.
D’autres prêtres viendront seconder l’abbé Maurice : Théodore KOUADIO, Michel BAFLAN, Joseph YAO KOUAKOU, David AMAN, Joseph KPIN, Georges HOKA, Gabriel BÉDA.
Septembre 94. L’abbé Maurice part à la Cathédrale. Il est remplacé par l’abbé Benoît YAO KOUADIO comme curé.

(N’GATTAKRO)

Au cœur du quartier de Ngattakro, qui fait partie de la paroisse, il y a le Collège Saint Viateur. Sa Chapelle, d’abord réservée au Collège (professeurs, élèves, ouvriers), fut bientôt ouverte aux chrétiens du quartier.
Elle est rapidement devenue un centre de rencontre et de rayonnement. Les Clercs de Saint Viateur et les professeurs se sont engagés de plus en plus dans l’animation pastorale du quartier et les activités caritatives (Communautés de Base, Camp Pénal, …)

SAINT PIERRE DE NIMBO

Nimbo est un quartier au Sud de Bouaké. La Mission s’étend sur une centaine de villages.
C’est dans l’un deux, Tiéplé, que les Pères BEDEL et FER, lors de leur première venue à Bouaké, passèrent la nuit du 6 février 1902.
C’est surtout à partir des années 50 que l’évangélisation à vraiment commencé dans les villages du Sud de Bouaké, avec les Pères Maurice PAVAGEAU (49-59), Paul LE GOFF (54-62), Jean POUGET (60-72), et l’inlassable catéchiste Pascal KOFFI. Une église fût même construite à Kongondèkro en 1957, peut-être un peu trop tôt.
Plusieurs écoles furent créées (Tiéplé, Konzo…), qui étaient des centres d’évangélisation et amenaient des visites plus fréquentes des Pères dans le village.
C’est dans les années 70 qu’est née l’idée d’ouvrir une paroisse à Nimbo. Mgr Piero COGOLIN, évêque de Gorizia, en Italie du Nord, était venu inaugurer des maisons offertes pas son diocèse à la léproserie de Manikro. Des Pères de Gorizia étaient déjà installés à Kossou avec les ouvriers italiens construisant le barrage.
En 1973, Mgr COGOLIN se rend compte qu’une fois le barrage terminé, Kossou risque de stagner. Désirant maintenir et même amplifier sa collaboration, il s’intéresse alors à la Zone Sud de Bouaké. Au cours d’une visite de Mgr Vital YAO à Gorizia, les deux évêques se mettent d’accord : des prêtres de Gorizia viendront prendre en charge le quartier de Nimbo, assez défavorisé sur le plan sanitaire et scolaire, et les villages vers le Sud.
1974. Le Père Gennaro CARDARELLI, ancien du Brésil, vient préparer la fondation. Demeurant à la Cathédrale, il construit un bâtiment pour les Pères, un pour les Sœurs et un oratoire.
Le 7 décembre 1975, le reste de l’équipe arrive : les Pères Flaviano SCARPIN et Giovanni DE FRANCESCHI, le Frère Fabio MUSSI, les Sœurs Allessandra BELLAFO, Armida ZULIANELLO et Natalia NAPOLANO, de la Congrégation des Sœurs de la Providence, et Mlles Pinuccia, Marcella, Ivana.
Les Pères prennent contact avec les gens du quartier, organisent des rencontres à l’école de Nimbo tous les soirs. Frère Fabio s’occupe des lépreux de Manikro, les Sœurs et les jeunes filles dans les services de santé et l’animation des villages.
Un an après son arrivée, le Père Giovanni rejoint Kossou.
Le Frère FABIO construit une chapelle (6x8m) couverte en paille. La première messe y est célébrée en octobre 76.
9 avril 1977. Premiers baptêmes.
1978. La petite chapelle ne suffit pas. On se réunit aussi dans la cour de la mission ou chez Mr. Maurice KONAN. Mlles Silvana et Daniella remplacent Marcella et Pinuccia.
4 septembre. Arrivée du Père Ivano TOSOLINI. Visite systématique de toutes les familles du quartier.
12 décembre. Création du premier Conseil Paroissial, avec Mme Marthe HONORINE et Mr Maurice KONAN.
La communauté grandit. Il faut une salle de réunion et une église. L’Architecte RIAVEZ de Gorizia fait un projet. Un terrain est trouvé, de l’autre côté de la route d’Abidjan, autour d’un large rocher. On y construit une chapelle et un bâtiment de trois salles.
1979. Le 7 janvier. Première visite des catéchistes itinérants du Chemin Catéchuménal, des Espagnols. 80 personnes à la première catéchèse. Les gens sont touchés. Les catéchèses se poursuivent deux fois par semaine, et aboutissent à la formation de deux communautés. Elles fonctionnent jusqu’au départ du Père Ivano en 83. L’expérience sera poursuivie ensuite sur la paroisse Saint Martin. Elle sera reprise à Nimbo en février 91.
1980. Les constructions sont terminées. Le Père Gennaro rentre en Italie pour un servie de sa Société.
1983. Séjour d’un an du Père Maffero ZAMBONARDI.
1984. Le Père Flaviano est nommé à Kossou. Il est remplacé par le Père Michel STEVANATO.
Le père Gennaro revient. Il s’occupera beaucoup des villages et de la formation des catéchistes. Le Père Michel s’attache surtout à la ville et à la jeunesse. Les Sœurs font la catéchèse et l’animation. Il y en aura toujours une ou deux à travailler à la léproserie de Manikro.
1985. Il devient urgent d’avoir une grande église. L’avant-projet de Mr. Franz VAN BEERS est accepté. La première pierre, qui est en fait le gros rocher offert par la nature, est bénite le dernier dimanche de juin, en la fête des Saints Pierre et Paul.
La nouvelle église sera dédiée à Saint Pierre, à cause du rocher sur lequel elle est bâtie, et aussi en souvenir de Mgr ‘’Piero’’ COGOLIN, initiateur de la paroisse et qui vient de mourir en 1981. Les travaux sont confiés à l’entreprise BOTTARI. Le diocèse de Gorizia finance la quasi-totalité des 68 millions du devis.
30 novembre 1986. Bénédiction de la nouvelle église par Mgr Vital YAO, en présence de Mgr Vitale BOMMARCO, successeur de Mgr COGOLIN, et de nombreux invités dont Mme Thérèse HOUPHET-BOIGNY.
1988. Le Père Luciano GONZALES passe un an à Nimbo et rejoint Prikro. Le vieux Père Gennaro rentre définitivement en Italie.
1990. Arrivée de l’abbé Joseph TANO, qui restera deux ans. En octobre, arrivée du Père Paolo ZUTTION, qui vient de Kossou. Il relance le Chemin Catéchuménal.
1993. Les sœurs construisent près de leur maison, un Foyer pour la formation des femmes (santé, couture, …)
Pendant toutes ces années, les villages n’ont pas été abandonnés : visites, formations des catéchistes, … On a même construit de nouvelles églises à Konzo (82). Djébonouan (87), Kondoukro (94).

SAINTE MARIE DE LA ZONE (1992)

Au début, les quelques chrétiens de la Zone Industrielle allaient à la Cathédrale ou à Ahounyansou.
En Octobre 1975, à l’occasion de la consécration de la Cathédrale, Pascal OURA KOUAMÉ, engagé dans la chorale Sainte Thérèse, fait la connaissance du Père CHARDIN qui jouait à l’orgue. Pascal le met en contact avec un groupe de jeunes de la Zone qui se réunissaient chez lui souvent le samedi soir et avaient exprimé le désir de suivre le catéchisme.
À partir de cette rencontre, le Père CHARDIN vient à la Zone tous les mardis soir pour leur faire la catéchèse, alternativement chez OURA KOUADIO Édouard, grand-frère de Pascal ; et chez Mme AMENAN Bernadette. Il y a 8 auditeurs : 5 catéchumènes et 3 baptisés. Pascal met le Père en contact avec deux familles de chrétiens, celles de Marc SANOU et de Benoît APALO. Le Père envoie Pascal suivre la formation des catéchistes.
1976. Afin de découvrir d’autres chrétiens du quartier, l’annonce est faite à la Cathédrale qu’il y aura une messe par mois à la Zone, dans le salon de Marc SANOU. Au début, c’est le Père CHARDIN qui vient. Après son départ, c’est le Père Jean CHAUVINEAU qui le remplace. Quand il est envoyé à Daloa, divers prêtres de la ville viennent à tour de rôle assurer la messe : les Pères PASQUIER, RAPION, LEGRAND, SAURET, les abbés Joseph KOUAKOU, Théodore KOUADIO, Maurice KOUASSI, et aussi le Père Gabriel et d’autres prêtres du Séminaire.
1978. Le Père Philippe PARENT, qui vient d’arriver à Ahounyansou, est chargé de la Zone. Désormais, il y célèbre la messe deux fois par mois. Sœur Marie-Paule, Ursuline, vient régulièrement faire la catéchèse.
1979. La messe est célèbre maintenant tous les dimanches par le Père Philippe ou l’abbé Maurice. Le nombre des fidèles augmente, le salon de Marc SANOU est trop petit. Il faut faire une chapelle. La mairie donne un terrain. Le petit groupe lance une cotisation.
1980. Mgr Vital YAO vient à la Zone bénir le mariage de Germain TANO. La communauté lui présente les 150.000 frs de sa cotisation, avec 150.000 offerts par les Sœurs Ursulines et 100.000 offerts par le curé d’une paroisse de France où avait servi le Père Philippe. Mgr Vital accueille favorablement cette somme et demande à Mr Franz VAN BEERS de proposer le plan d’une Chapelle de 250 places qui pourra plus tard servir de salle de réunions.
1983. La chapelle est construite. Le Père Philippe rentre en France. En septembre, le Père Marcel RANCHIN est nommé responsable de la Gonfreville et de la Zone. Il célèbre la messe pour la première fois dans la chapelle, le 23 octobre.
Le quartier connaît un développement spectaculaire, la communauté chrétienne aussi. Mgr Vital promet de construire une église à la dimension du quartier.
1991, dimanche 20 janvier. Le Père RANCHIN bénit les fondations de la nouvelle église. Le travail avance vite. Mais, le 30 mars, une terrible tornade s’abat sur Bouaké. Les murs, encore mal assurés, s’écroulent. Pas de découragement. Le Père repense le plan initial et prévoit des contreforts. Des proches apporteront une note de gaieté. Le 2 avril, les travaux reprennent. Tout ira très vite. Le 1er août, pose de la toiture, en septembre, les carreaux, en octobre, les portes, la peinture, l’installation de la cloche (80 kilos). L’église est inaugurée le 17 novembre 91, et placée sous le vocable de Sainte Marie.
8 mars 1992. Mgr Vital YAO bénit la nouvelle église, d’une capacité de 1300 places.
8 septembre 1992. Le Père RANCHIN vient s’installer dans la maison qu’il a construite près de l’Église. Il laisse la responsabilité de Gonfreville au Père René HOC qui vient d’arriver.
Septembre 1993. Après une session ‘’pour un renouveau paroissial inculturé’’, mise en place des Communautés Ecclésiales de Base… pour un avenir meilleur.
14 janvier 1994. Le nouveau presbytère, à étage, sort de terre…

SECTEUR OUEST

BÉOUMI : NOTRE-DAME DE LA PAIX (1943)

Jean ATTOUNGBRÉ KOUADIO, baptisé à l’EPS de Bingerville par le Père DUHIL en 1924, était devenu commis d’un commerçant libanais à Bouaké, puis à Béoumi en 1925.
Seul chrétien à Béoumi, il apprend la catéchèse à ses frères et amis. Il contacte le Père SCHMIDT qui vient de fonder la Mission de Bouaké. Dès 1927, le Père PARAGE vient chaque mois, il loge et célèbre la messe chez Jean KOUADIO.
Le Père, accompagné de Jean KOUADIO, visite quelques villages, notamment Kongonosou. Grand succès. Quelques nouveaux catéchumènes seront baptisés à Noël 1927.
Jean KOUADIO commence la construction d’une chapelle. Le Père PARAGE l’inaugure en juillet 1928 par deux baptêmes. Ce fût l’occasion d’une grande fête qui malheureusement, se termina très mal. La boisson ayant chauffé tout le monde, les néophytes et le Père lui-même appelèrent tous les invités à abandonner leurs fétiches. On désigna des sorciers, des fétiches furent brûlés, un païen fût molesté et dut s’enfuir… mais on le retrouva le lendemain matin pendu à un arbre. Jean KOUADIO fût arrêté avec une dizaine de compagnons, et ils passèrent cinq jours en prison. Le Père SCHMIDT prit très mal l’affaire et interdit au Père PARAGE de remettre ses pieds à Béoumi. Jean KOUADIO dut payer une amende. Son zèle fût quelque peu refroidi, et la Chapelle fût abandonnée.
1930. Le Père OLIVAIN vient de temps en temps à Béoumi. Il loge et célèbre chez Thomas-Patrick MARTIN, un métis originaire de Grand-Bassam, gérant de la SCOA.
1931-1932. Le Père OLIVAIN continue ses visites. La communauté est animée par Louis NAVIGUÉ, métis tagouana et Clément ANGBIN.
1934. Le Père ALLEZARD remplace le Père OLIVAIN, aidé par le Père Francis PEYVEL.
1936. Jean KOUADIO, qui vient d’être nommé Chef de canton, propose un terrain pour la mission, auprès de sa propre concession.
1937. Le Père ALLEZARD construit une classe dont la moitié sert de chapelle. On débute avec 70 garçons en mai 1938. Le maître est Édouard KOUAKOU, d’Aloko-Sakassou, ancien élève de la Mission de Bouaké. Édouard restera près de 25 ans au service de la mission, faisant tous les métiers.
Avec la guerre, les visites ralentissent…
1er octobre 1943. Le Père Paul DELATER, venant de Memni, est nommé curé de la paroisse de Béoumi, qui comprend alors Béoumi, Sakassou, Botro et Bodokro.
Il entreprend aussitôt la construction d’une Chapelle de 25m sur 10, en briques de terre et toit de paille. Tout le monde s’y met : le commandant VAN KEMPEN, Jean KOUADIO, les Écoles. La Chapelle est bénite le 9 juillet 1944 par Mgr BOIVIN. Elle a fière allure, avec ses deux alignements de piliers, son autel reposant sur des fûts de tecks et la fresque qui orne le mur du chœur. Elle a été réalisée par Mlle Marie BARANGER, qui avait fondé l’Association ’’Art et louange’’ et avait mis ses talents au service des Missions. Elle représente la Vierge Marie entourée d’Anges et montant l’Enfant-Jésus : Notre-Dame de la Paix, vers qui montent les prières en ce temps de guerre.
Les débuts sont prometteurs : un bon nombre de catéchumènes, en particulier des jeunes filles, viennent s’inscrire. Mais les tracasseries des féticheurs, notamment les sorties du masque ‘’Gbosso’’ que les femmes ne doivent pas voir, gênent sérieusement le catéchuménat.
Pour subsister, le Père fait tous les métiers : jardinier camionneur, menuisier, revendeur de poteries ; il se lance même dans la culture du tabac.
1947. Arrivée du Père Willy LEJEUNE, belge, frère de deux autres missionnaires, ordonnés tous trois le même jour. Il fût vite très populaire. Il visitait les villages en vélo, il faisait le catéchisme, il était très simple et très proche des gens, au bout de peu de temps il parlait le Baoulé… Mais à la fin de son séjour, en juin 1951, il rentra en congés et revint… au Congo Belge (le Zaïre).
1949. Arrivée du Père Joseph PUAUT, qui prend la direction de l’École.
1950. Janvier. Des flammèches venues d’un feu de brousse mettent le feu à l’église. La toiture est en cendres, les murs calcinés. Mais, les piliers ont tenu. L’église est rapidement remise en état.
1952. Bref séjour du Père Jean EVAIN.
1953. Arrivée du Père Paul GAUTRET qui restera deux ans.
1955. Juin. Visite de la Mère Générale des Sœurs de la Providence de la Pommeraye. Elle vient voir Béoumi, lieu choisi pour leur première fondation missionnaire. Mgr DUIRAT n’a pas frappé en vain à leur porte.
Les premières Sœurs arrivent en octobre : les Sœurs Joseph, Pierre-Claver, Agnès, Alphonse et Marie de Montfort. Au début, elles enseignent à l’École, puis elles ouvrent une École de filles et un dispensaire, l’année suivante.
1955. Le Père PUAUT s’en va, nommé Curé de Bouaké. Le Père GAUTRET part à Sakassou. Ils seront remplacés par les Pères René MENARD et Jean BAUDUCEL.
Le Père DULATER a décidé de rentrer en France pour reprendre du ministère. Mais, il ne veut pas quitter Béoumi sans y laisser une grande et belle église. À son départ, en 1960, la nouvelle église est presque terminée : les murs et le toit sont montés.
Le Père PUAUT revient à Béoumi pour lui succéder. Il faut d’abord terminer l’église, la consolider car les murs s’écartent, l’élargit par des ailes car elle est vraiment trop en longueur, achever la façade.
Les communautés chrétiennes sont rares (Zedekan, Afotobo, Mandanou, …) Le Père cherche des catéchistes et les prend à la mission pour les former et ensuite les envoyer dans les villages. Parmi eux, Georges OURA, s’installé à Béoumi près du Père, aura une grande influence par la conviction de sa foi.
Les villages s’ouvrent à la scolarisation, et le Père PUAUT construit de nombreuses Écoles, et souvent en même temps des Chapelles. C’est l’époque où l’Enseignement Catholique est en pleine expansion dans le diocèse, et Béoumi tient la tête. Le directeur de l’École, Eugène KOUADIO, sera plus tard appelé à la Direction Diocésaine.
Les Sœurs veulent créer une École Ménagère. Mais le Gouvernement leur demande de faire plutôt un Collège de Filles, car il y en a très peu dans le pays. Rapidement construit, le Collège ouvre ses portes en septembre 1964 sous la direction des Sœurs Marie CLÉMENT.
Plusieurs Pères se succèderont auprès du Père PUAUT :
Jean EVAIN,
Michel CONVERS, qui ne tardera pas à s’investir sur Botro,
Michel CARTERON, quelques mois en 1963,
Pierre BOUCHET, qui s’occupera beaucoup du Collège, aménagera le chœur de l’église et se fera un pied-à-terre à Bodokro,
Louis ROLLAND, un an en 1970.
1971. Le Père PUAUT rejoint le Père CONVERS à Botro. Il est remplacé par le Père Marcel RANCHIN, qui restera de 1971 à 1978, aidé des Pères Raymond JOLY (71-73), Ennrique RUIZ (73-74), Eugène DUCASTAING (74-79).
1978. Le Père RANCHIN est rappelé en France. Il est remplacé par le Père Gérard BOULLERY (78-88) aidé quelque temps par les Pères Paul GAUTRET (85-86) et Alain BEAL (87-88).
1988. Les deux Pères sont nommés à Yamoussoukro. Le Père Petrus REYNARD vient pour deux ans (88-90), avec les abbés Joseph ÉKAZA (88-89). Au départ du Père Petrus, le Père Georges FRAYSSIGNES vient de Sakassou pour faire l’intérim.
Tous ces changements successifs ont quelque peu effrité la communauté. En septembre 1991, le Père Adrien JEANNE, après un an passé en Allemagne, vient reprendre la paroisse en main, et tout repart dans l’unité retrouvée, pour la plus grande joie de tous.
Mais dans la nuit du 14 au 15 mars 1993, le Père Adrien est assassiné pendant son sommeil. C’est un émoi profond dans la paroisse et dans tout le pays. À Bouaké, puis à Béoumi, des foules bouleversées viennent prier pour lui et l’accompagner à sa dernière demeure, au cimetière de Béoumi.
Les paroisses voisines s’occupent de Béoumi jusqu’à l’arrivée de l’abbé Nestor KOUASSI, venu du diocèse de Yopougon en septembre 1993. Il sera rejoint l’année suivante par un des nouveaux prêtres, l’abbé Alphonse KOUADIO LOUKOU.

SAKASSOU : NOTRE-DAME DE FOURVIÈRE (1955)

Dès la fondation de la mission de Bouaké en 1925, les premiers Pères, voyageurs infatigables, ont sillonné la région. On se souvient encore des Pères BOIVIN, PEYVEL, mais le Père Jean ALLEZARD (Akanza okwlè) est dans la mémoire de tous les anciens.
Avant 1939, il avait déjà ouvert une École à Sakassou, avec des maîtres comme François AKOTO YAO, un des premiers baptisés de Bouaké (24 mai 1927), et qui enseigna d’abord à Bouaké avant de venir chez lui.
Cependant, avant les années 40, c’est à Yablassou que les missionnaires trouvèrent l’accueil le plus favorable. Grâce à Denis KOFFI, un des premiers catéchistes, qui était originaire du village, c’est à Yablassou que se constitua la première communauté chrétienne. Il y eut même le projet d’y installer la mission, avec la maison des Pères et des Sœurs…
Après la création de la paroisse de Béoumi en 1943, ce sont les Pères de Béoumi qui visitent les villages de Sakassou. On se souvient des Pères DELATER, LEJEUNE, PUAUT, GAUTRET.
1955. Mgr DUIRAT a une entrevue avec le roi Baoulé ANOUBLÉ II pour l’obtention d’un terrain. On arrive à un accord pour un terrain situé après le marigot sur la route de Tiébissou, côté Sud, le côté Nord étant réservé à l’Administration.
Le 24 juin, le Père Paul GAUTRET, qui vient d’être nommé à Sakassou, est présenté au roi qui lui donne une case toute neuve (en paille) sur la route de Nyamienbô.
La messe est célébrée dans le salon du catéchiste moniteur François AKÔTÔ YAO, ou au campement d’Antoine NGOTTA, sur la route de Tiébissou.
En juillet, on attaque la brousse pour bâtir la Mission.
En septembre, le Père s’installe chez lui : il n’y a encore ni portes ni fenêtres.
En Octobre, le Père PAVAGEAU vient de Bouaké avec son équipe et monte un hangar métallique qui sera la première chapelle et la première École.
Le 1er novembre, les Sœurs de la Pommeraye qui viennent de fonder Béoumi, envoient deux Sœurs à Sakassou : Sœur Marie de l’Ascension pour l’École et Sœur Thérèse de la Croix pour un poste médical. Une équipe envoyée par le Commandant de Béoumi construit leur maison et un dispensaire, sur le terrain en face de la mission.
C’est encore l’année où le Père GAUTRET fait la rencontre de Pascal KOUAKOU, à la sortie d’une boutique où le Père avait fait le catéchisme aux enfants de l’École publique. Pascal, aveugle, deviendra chrétien, catéchiste, il accompagnera les Pères et sera leur interprète pendant dix-sept ans.
Pour l’École, le roi ANOUBLÉ et François YAO aident au recrutement. À Noël, il y a déjà trente élèves. Et des écoles de brousse ne tarderont pas à s’ouvrir : il y en aura jusqu’à dix-neuf, avec des débuts souvent difficiles. Certains moniteurs ont été des aides précieuses pour l’évangélisation, notamment Jacques DIABY à Yablassou, puis à Sakassou.
1957. L’École est achevée. C’est dans une classe que maintenant le Père célèbre la messe.
1958. Arrivée du Père Louis ROLLAND. Il crée un internat pour les garçons, tandis que les Sœurs, avec Sœur Dominique Marie, en créent un pour les filles.
Arrivée aussi de Sœur Marie-Stéphane. Elle est docteur en médecine et entreprend la création d’un poste médical moderne. On construit la maternité en 58 : six cases de terre, brûlées en 1960 à la suite d’une épidémie de variole et remplacées en 1961 par un bâtiment nouveau. Après cela, les deux bâtiments des tuberculeux, réalisés par le Père GAUTRET. L’hôpital ne désemplit pas. En plus de l’École et de l’hôpital, les Sœurs visitent les villages, soignant les malades, enseignant aux femmes l’hygiène et le catéchisme.
1963. Pendant son congé, le Père GAUTRET fait le plan et cherche des fonds pour la construction d’une église. Pas de cotisation. Le Père fait du commerce, il construit pour les gens : le bénéfice servira à construire la nouvelle église.
Le Père Gérard LANDAIS vient remplacer le Père ROLLAND. Il restera onze ans (63-74).
L’église, une fois achevée, est placée sous patronage de Notre-Dame de Fourvière, sur la proposition de Mgr DUIRAT. Le Comité de construction, présidé par François YAO, aurait préféré Saint Paul, peut-être pour remercier le Père Paul GAUTRET. Mgr DUIRAT répond qu’il n’y a pas de palabre entre Paul et la Vierge. La mission est confiée à Notre-Dame de Fourvière comme à une mère, Saint Paul sera le titulaire de l’église.
1969. Le Père GAUTRET s’en va, et c’est le Père LANDAIS qui devient curé de la paroisse, bientôt aidé par le Père Gérard BOULLERY (70-76).
1974. L’abbé Alfred KOUAKOU vient remplacer le Père LANDAIS. C’est un homme de culture. Il vient de publier son livre ‘’Sagesse Africaine’’ où il recueille les traditions de son peuple. Il a souci de la scolarisation des enfants, et en scolarise plusieurs à ses frais. Il est d’une générosité sans limites. Il baptise beaucoup…
Mais ses absences fréquentes, ses problèmes de santé, le manque de suivi des communautés… poussent Mgr Vital YAO à chercher au loin des forces nouvelles. Surtout qu’un nouveau problème se pose en 1976 avec le départ des Sœurs de la Pommeraye.
1979. Le diocèse italien de Belluno envoie deux prêtres à Sakassou : Le Père Giovanni DE FRANCESCHI, du PIME, et le Père Claudio SACCO. Ils trouvent des appuis solides auprès de personnes comme Pascal KOUAKOU et TOTO KOUAMÉ Georges, qui mourra en 1985 et sera enterré comme un ministre.
Le Père Claudio se signalera par l’impulsion donnée au chant Baoulé. Il compose lui-même et il met au point les airs composés par les catéchistes.
1980. Mgr Vital, au cours d’un voyage à Rome, avait pris contact avec les Supérieures des Sœurs Carmélites missionnaires (d’Espagne), déjà présentes dans plusieurs pays africains. La réponse avait été favorable… et rapide. Le 21 septembre, quatre (4) Sœurs arrivent à Sakassou pour le catéchuménat, les soins aux malades, la formation des femmes, … en ville et dans les villages : ce sont les Sœurs Josefina, Trinitad, Maria-Paula et Julia. Sœur Maria-Teresa les rejoindra le 19 décembre. En 1982, elles ouvriront une maison pour leurs postulantes africaines.
1984. le Père Claudio (80-85) remplace le Père Giovanni comme Curé après son départ pour Mbahiakro.
1985. En souvenir du 30è anniversaire de la fondation de la paroisse, la communauté complète l’église par un clocher. La cloche (210 kg) avait été fondue à Nantes en 1866. C’était la cloche de la Chapelle d’une grande clinique détruite par les bombardements en 1943.
Viendront encore les Pères Vito DE BASTIANA (81-85), Alfredo LEVIS (85-88), Georges FRAYSSIGNES (89-90).
1990. Le Père Virgino DE MARTIN, arrivé en novembre 88, prend la direction de la paroisse, aidé par le Père Ezio DEL FAVERO.
1991. Le Père Virgino fait construire le premier cimetière chrétien de Sakassou, sur la route de Béoumi.
Pendant ces dernières années, beaucoup a été fait pour les villages, la formation de leurs catéchistes, la construction ou la rénovation de leurs églises : Ngbèdjo Kan en 83, Angamankro et Awé Kansin en 84, Kpètèbônou en 86, Kanango et Toumodi-Sakassou en 90, Ayaou Sopka et Appiakro en 91, Amansalèkro et Adofuè bônou en 92, Yablassou en 93…

BOTRO : Saint GABRIEL (1968)

La région a été visitée par les Pères de Bouaké, surtout le Père Jean ALLEZARD (Akanza okwlè) à partir de 1929.
Une École catéchétique fût ouverte à Botro.
Les premiers baptêmes sont ceux de Pascal KOFFI (26 décembre 1932), Claudine KOFFI AHOU (7 février 1935), Édouard YAO KOUAKOU (29 juin 1935).
Le Père Paul DELATER fonde Béoumi en 1943. C’est lui qui vient maintenant à Botro. Il va trouver, pour le seconder, le jeune Édouard KOUAKOU, originaire d’Aloko-Sakasso.
Le terrain de la Mission se trouvait alors à proximité du village, près d’un bois de tecks, à gauche de la route conduisant chez le Chef de canton. Deux petits bâtiments y avaient été construits. L’un servait de Chapelle, l’autre était le logement du moniteur-catéchiste, François AKOTO YAO.
Le Père Willy LEJEUNE, arrivé à Béoumi en 1947, a laissé un vivant souvenir. Proche des gens, gai, parlant le Baoulé, il réussit à créer un climat de sympathie à l’égard de la Mission.
Le Père Joseph PUAUT, arrivé à Béoumi en 1949, a continué les visites à Botro et dans quelques villages. En 1951, il ouvre une École à Aloko-Sakasso.
Sont venus ensuite, toujours à partir de Béoumi, les Pères Paul GAUTRET et René MENARD. Le Père GAUTRET a construit de ses mains la première École en dur d’Aloko-Sakasso.
Le Père MENARD, à la suite d’une mésentente avec le Chef de canton, décida de transférer l’École sur un autre terrain, à Kayabo, sur la route de Béoumi. Ce projet n’eut pas de suite, et le Père PUAUT, à son retour à Béoumi en 1960, trouva les élèves de Botro transférés à l’École d’Aloko-Sakasso.
Lors des visites à Botro, la messe était célébrée chez Mr. KPANTHIÉ, infirmier, qui deviendra par la suite Chef chrétien de Botro.
Désirant réinstaller l’École et la Mission à Botro, le Père PUAUT décida de prendre contact avec le Chef de canton, TOTO KRA. Pour avoir plus de poids, il avait demandé à Mgr DUIRAT de venir aussi. L’entrevue fût cordiale. Le Chef de canton donna un terrain sur la route de Bouaké : c’est le terrain actuel de la Mission.
Après avoir débroussé, le Père construit un bâtiment de trois classes. C’est là que viennent s’installer les Sœurs. Car les Sœurs de la Providence de la Pommeraye, dont la première maison avait été ouverte à Béoumi en 1953, avaient accepté d’envoyer à Botro des Sœurs qui resteraient attachées à la communauté de Béoumi.
Les premières Sœurs arrivent le 24 novembre 1961 : Sœur Saint Jean et Sœur Vincent-Joseph. Une salle de classe devient leur maison d’habitation (confort nul). Une autre sert de Chapelle où le Père PUAUT vient célébrer la messe plusieurs fois par semaine. Dans la troisième, on fait la classe. Une autre classe se fait sous un apatam, une troisième sur l’ancien terrain de la Mission… 150 élèves, sous la direction de Sœur Saint Jean.
Une nuit, une tornade emportera la toiture du bâtiment. Mais elle sera refaite, et mieux arrimée.
Bientôt, de nouveaux bâtiments sortent de terre : la Chapelle, la maison des Sœurs, de nouvelles classes…
Il devait revenir au Père Michel CONVERS de continuer les constructions et d’organiser la maison.
Arrivé à Béoumi à la fin de 1962, il ne tarda pas à s’orienter sur Botro. Il s’y rendait plusieurs fois par semaine pour la messe. Puis, il se construisit un pied-à-terre (chambre, garage, magasin), et ses retours à Béoumi commencèrent à s’espacer. De nouveaux bâtiments furent construits : 6 classes, 8 logements de maîtres. L’École comptait alors 12 classes et 450 élèves.
En revenant d’un congé, le Père CONVERS rapporta de France un hangar métallique. Une partie de ce hangar fût montée pour devenir la future église, l’autre servit à la maison d’habitation.
En 1968, les constructions étaient terminées. Le moment était venu de couper le cordon ombilical avec Béoumi. La paroisse de Botro fût officiellement fondée, comprenant les sous-préfectures de Botro et de Bodokro. La paroisse fût confiée à Saint Gabriel, en mémoire du Père Gabriel CLAMENS, ami de longue date et très estimé du Père CONVERS.
Le Père CONVERS, d’abord seul, fût rejoint quelque temps par le Père Francis VERGER.
1971. Le Père PUAUT quitte Béoumi et vient à Botro. Rapidement, on repartit le travail, le Père CONVERS se consacrant à Botro et le Père PUAUT à Bodokro.
Plus que d’autres, la Mission de Botro a été marquée par la présence des Sœurs. Vivant sur place bien avant les Pères, elles ont été les chevilles ouvrières de l’évangélisation : École, formation des maîtres, puis catéchèse, alphabétisation, contact avec les gens de la ville et des villages. Avec une large utilisation des moyens audio-visuels, dont le Père CONVERS était un partisan convaincu et bien équipé. Sœur Andrée DAVY, arrivée en 63, restera jusqu’en 87, 24 ans !
Le séjour des Sœurs a été marqué par de grandes épreuves : la mort de Sœur Vincent-Joseph en 69, et de Sœur Marie Renée en avril 81. Toutes deux reposent au cimetière de Béoumi.
Au départ du Père CONVERS, le Père Louis ROLLAND prend la relève. L’ancienne Chapelle étant vraiment petite, et la communauté chrétienne de la ville s’étant bien développée, il a fallu penser à faire du nouveau. Le hangar était là, attendant depuis des années. Prolongé, habillé, il a servi d’armature à la nouvelle église.
Dans les villages, il y aussi quelques communautés chrétiennes, un peu perdues au milieu des nombreux protestants, et il y a malheureusement peu de catéchistes pour les conduire.

(BODOKRO)

Le Père ALLEZARD était passé autrefois, mais sans succès. Vers 1964, le Père Pierre BOUCHET, à partir de Béoumi, tente une nouvelle approche, avec succès cette fois.
Il construit à Bodokro une Chapelle et un logement pour le catéchiste. Il séjourne à Bodokro plusieurs jours par semaine et rayonne dans les villages où il y de petites communautés, certaines toutes nouvelles, d’autres déjà anciennes, comme Aloko-Sakasso, avec Michel LOUKOU KOUADIO, un catéchiste de la première heure.
Le Père PUAUT, en prenant la charge du secteur en 1971, a été amené lui aussi à rester longuement à Bodokro. Mais comme il y avait incertitude sur l’emplacement d’un nouveau village, le Père a préféré, en attendant, fonder un campement près de l’ancien village et entreprendre quelques activités d’élevage.
À partir de 1977, Sœur Marie-Renée vient régulièrement à Bodokro et rassemble les enfants. Le Père construit quelques salles et une maison où la Sœur peut habiter. Mais la Sœur meurt brusquement d’une crise cardiaque en avril 1981. C’est un choc pour la population, car elle était très aimée. Elle est remplacée en octobre par Sœur Maria qui continue son travail auprès des enfants. Mais pour des raisons de santé, la Sœur rentre en France en 1989.
La communauté chrétienne grandit peu à peu. Dans les villages, des Chapelles se construisent, des jeunes se proposent comme catéchistes.
La chapelle du Père BOUCHET est devenue trop petite. Il faut l’allonger, l’élargir. Les travaux, commencés en octobre 1992, sont menés rapidement, avec l’aide de Dieu qui empêche miraculeusement un gros arbre de tomber sur l’église. Noël est célébré dans l’église rénovée. Le Père abandonne son campement et vient s’installer près de l’église, dans la maisonnette construite pour les Sœurs.

DIABO : SAINT JOSEPH ARTISAN

En 1941, Père ALLEZARD rencontrera le chef de tribu Nanan SRAN KOUAMÉ et ses notables, dans l’intention d’évangéliser le pays ‘’Brô’’. Les vieux ne furent pas d’accord, alors que les jeunes auraient souhaité la venue du Père.
Un an plus tard, le Père revint, explora la région. Il prit deux jeunes, KOUAKOU AKPOUÉ Bernard, de Tandokro, et NGUESSAN KOUASSI Pascal, de Sélakro, qui furent inscrits à l’École de la Mission de Bouaké.
Mais les vieux étaient opposés à l’évangélisation… et la région fût abandonnée par les Pères qui avaient bien d’autres régions à voir sur leur immense territoire…
En 1951, les Pères Paul LE GOFF et Maurice PAVAGEAU visitent le pays. Ils créent plusieurs Écoles, notamment à Diabo, avec 32 inscriptions. La plupart de ces Écoles, tomberont assez vite ; mais certaines ont subsisté plus de quinze ans.
En 1960, le Père Jean POUGET prend la relève. Il fait le catéchisme dans les Écoles publiques. Il obtient l’actuel terrain de la Mission et construit en 1964 la Chapelle de Diabo et en 1966, celles de Ndoumoukro et Sahébo.
Jusqu’à son départ en 1972, le Père POUGET vient régulièrement à Diabo et dans quelques villages. Il est ensuite remplacé par d’autres prêtres de Bouaké : le Père Alphonse RAPION, les abbés Bruno KOUAMÉ et Fulgence APPIA, le Père Francis VERGER venait, lui de Botro.
Des évènements importants ont marqué cette période :
– Deux ordinations : l’abbé Maurice KONAN KOUASSI, en juin 65, l’abbé Joseph YAO KOUAKOU, le 28 juin 66.
– Deux professions religieuses chez les Sœurs de Notre-Dame de la Paix, en 71 ! Sœur Geneviève-Renée KOUAKOU et Sœur Thérèse-Augustin KONAN BROU, dixième sœur de l’abbé Maurice KONAN KOUASSI. Elles feront leurs vœux perpétuels en 78.
La cadette de Sœur Geneviève-Renée deviendra religieuse à son tour sous le nom de Sœur Véronique KOUAKOU, en 1984 dans la même Congrégation.
Pendant toutes ces années, les chrétiens du lieu ont pris une grande part à la Mission : les chefs chrétiens comme Jean-Baptiste KRAMO, Grégoire ADJÉRAN, Pierre YÉBOUÉ KOUAMÉ ; les catéchistes Paul KOFFI, Ferdinand BROU NGUESSAN, Jean-Marie KOFFI… Les plus jeunes vont maintenant se former au CAPMR de Brobo.
En 1981, la région de Diabo est confiée à l’abbé Joseph YAO KOUAKOU, vivant d’abord à la Cathédrale, il s’installe complètement à Diabo en septembre 1993.
Son jubilé d’argent, grandement fêté à Diabo en juillet 1991, avait fait constater l’insuffisance de l’ancienne Chapelle. Une grande église est actuellement en construction.

BROBO : SAINT PAUL (1986)

Dans la région, c’est pratiquement à Bangassou que l’Église a commencé.
En 1937, Bernard YAO HOUPHOUET, qui a connu l’Église à Bouaké, fait une première annonce dans son village Bangassou. Joseph KOFFI NGUESSAN fait de même à Bouakro.
En 1939, le premier fils du pays est baptisé à Bouaké : c’est Jean-Marie KOFFI KOUASSI, de Bangassou.
Dès lors, les missionnaires commencent à s’intéresser à la région. En 1942, le Père Jean ALLEZARD va visiter Bangassou, accompagné du catéchiste Jean TOTO KOUAMÉ.
De 1942 à 1945, Bernard YAO HOUPHOUET, qui avait appris un peu le français au cours de ses voyages, transforme son salon en salle de classe pour alphabétiser et catéchiser ceux qui le désirent. À sa demande, en 1946, le Père OLIVAIN construit une École à Bangassou. Elle sert aussi de Chapelle : le catéchiste se nomme DJÈ.
La communauté grandit, mais elle connaît un temps de persécution de la part des autorités locales. Les chrétiens demandent d’avoir leur propre village, mais le Père refuse leur demande, selon la consigne de Jésus, d’être « Le levain dans la pâte. » La persécution se poursuit, un chrétien meurt empoisonné.
À Bouakro, Joseph KOFFI NGUESSAN, qui avait commencé à réunir quelques catéchumènes, rencontre la même opposition des vieux et quitte le village, découragé.
En 1951, deux jeunes de Bounda, Lasson TANOH KOUAKOU et KOUAMÉ, ayant connu l’Église en forêt, puis devenus chrétiens à Bouaké, rapportent la Bonne Nouvelle dans leur domicile.
En 1952, l’Église commence à Zougban et à Kpétékro. On bâtit une nouvelle Chapelle-école à Bangassou. En 1954, Bounda a sa première Chapelle.
Mais, il faut arriver au temps du Père Paul LE GOFF (52-62) pour que la force de Dieu se répande vraiment dans la région.
En 1956, l’École Catholique créée en 46 à Bangassou est transférée à Bounda (où elle est encore vivante aujourd’hui après avoir instruit plus de mille enfants).
En 1961, le Père LE GOFF bâtit une Chapelle à Brobo sur le terrain donné par Maurice KOUAMÉ KOUASSI. En 1962, c’est le tour de Bounda.
Quand le Père LE GOFF est nommé à Daoukro, en 1962, le Père Jean POUGET (60-72) prend la relève. Il construit une Mission à Brobo pour pouvoir rester sur place.
1967 : Chapelle à Zougban.
1970 : Chapelle à Ahounzankro.
Depuis 1962, le Père Alain HUSSON, qui vient de construire à Bouaké le Centre Rural, vient souvent dans la région. Avec le Frère François VEYRIE, les jeunes Marie-Jo, Félix, Éliane, Juliette… il sillonne les villages, lançant la JAC, les Clubs Avenir, les GVC, notamment à Brobo et à Bounda.
En 1972, le Père Maurice PAVAGEAU remplace le Père POUGET.
C’est aussi l’époque où le Père Vincent GUERRY, moine bénédictin, après un séjour à Mébo, vient s’installer à Koundanou. Il bâtit sa case près du cimetière. Il travaille avec les gens, il va aux champs avec eux, il les aide à construire le nouveau village. Lui aussi vient de temps en temps à Brobo.
À noter, en 1974, un bref séjour de l’abbé Paul DACOURY, jeune prêtre d’Abidjan, venu s’initier au monde Baoulé.
Après le départ en France du Père PAVAGEAU, les Pères de la Cathédrale s’occupent de Brobo. Le dernier à venir régulièrement avant l’installation d’un prêtre permanent sera le Père RAPION.
En 1981, Mgr Vital YAO obtient des autorités coutumières un terrain de 800 hectares en vue de créer le CAPMR (Centre d’Animation et de Promotion du Monde Rural) qui doit comporter une ferme et une École de catéchèse-paysans, et qui était déjà en expérimentation depuis 1979 près du Séminaire de Bouaké.
Le chantier démarre en 1982 avec les frères Philippe, Fabio et Alphonse chargés de la formation catéchétique. En même temps, le Père Dino DUSSIN est nommé à Brobo.
Le CAPMR démarre vite, et déjà en 1983, il forme la première promotion de catéchèse. Parmi eux, Célestin KOUAKOU, actuel responsable des catéchistes de la paroisse.
La même année 1983, la Congrégation des Filles de Jésus, qui travaillait depuis 1967 à Daoukro, vient fonder une communauté à Brobo. Ce sont les Sœurs Marie, Madeleine et Paule.
L’ancienne église devenue trop petite, une nouvelle est en chantier. Le 22 mai 1984, jour de Pentecôte, 40 hommes unissent leurs forces pour dresser le nouveau clocher : trois gros rôniers de 7 mètres.
Le 28 janvier 1986, en la fête de la Conversion de Saint Paul, le Père GUÉRET vient bénir et poser la première pierre de la nouvelle église. C’est aussi le jour de naissance de la paroisse.
En 1989, le Père Giovanni DE FRANCESCHI, de retour d’Italie, vient prendre en main la formation spirituelle au CAPMR. Mr Rémi FREMAUX dirige la ferme.
Un signe visible du mouvement de conversion, et aussi du dynamisme des communautés, est donné par la construction ou la rénovation de plusieurs Chapelles dans les villages : Bounda en 89, Ahounzankro et Ndokro en 90, Sinavessou en 91.
Le 9 février 1992, Mgr Vital YAO vient bénir la nouvelle église… qui s’avère déjà trop petite.

LE SECTEUR EST

MBAHIAKRO : NOTRE DAME DE LA PROVIDENCE (1948)

Le Père BEDEL, lors de son deuxième voyage sur Bouaké par l’indénié et la Comoé jusqu’à Samanza, était passé à Mbabiakro le 11 janvier 1903 avant d’arriver à Bouaké et de continuer sur Korhogo pour y fonder la Mission. Simple passage.
Il semble que dans les années 20, quelques chrétiens originaires du Sud aient vécu à Mbahiakro, mais sans qu’il y ait de communauté organisée.
Vers 1930, le Pasteur POWEL de l’Église protestante CMA, avait fondé quelques communautés.
C’est en 1932 que le Père Jean ALLEZARD prend contact avec la région de Mbahiakro. Sa méthode, comme celle des Pères de son temps, était simple : contacter les chefs, créer une École, bâtir une petite Chapelle.
Ainsi, une première École a été créée dès 1932. Le premier maître, Antoine KOUAMÉ, resta trois mois : il enseignait le catéchisme, mais personne ne venait. Le second, Alexandre AMANI, resta deux ans et fit l’École, mais pas le catéchisme.
En septembre 1935, le Père ALLEZARD envoie de Bouaké Louis LOUKOU, qu’il avait connu à Katiola, pour diriger l’École et faire le catéchisme. Il y avait quelques chrétiens du Sud : les premiers baptêmes seront ceux de leurs enfants.
L’École de la Mission est alors la seule École de Mbahiakro. Louis LOUKOU est très dévoué. Il enseigne le catéchisme à l’École. Il se fait des amis, gagne des catéchumènes. Il rayonne dans quelques villages : Abokro, Dangoukro, Adi-Yapikro…
Une École est créée à Abokro. On y baptise même 8 adultes en 1937 : parmi eux, Lucien KRA, qui sera plus tard chef chrétien de Mbahiakro (décédé en 88). Parmi les parrains, IPOU TANO François, instituteur à Ananda pendant de longues années (décédé en 87).
Après 1937, les baptêmes se succèdent régulièrement. D’autres villages (Paningokro, Kondrobo…). Le Père ALLEZARD demande l’ouverture d’autres Écoles. Mais c’est la guerre, le personnel et les moyens manquent. Du bon travail se fait cependant : une Chapelle est construite à Dangoukro en 1941. En juillet 43, le Père demande officiellement un terrain pour la Mission.
C’est alors que la réaction éclate. En plusieurs occasions, les païens accusent les chrétiens de ne pas respecter les interdits traditionnels, ils les convoquent devant le Chef de canton et le ‘’Commandant’’. Le Père ALLEZARD écrit au Gouverneur… Parti en congé en juin 46, il ne reviendra pas.
Les choses se sont arrangées, la communauté grandit. Le Père Louis GIRÉ est envoyé pour fonder la Mission de Mbahiakro. Venant d’Agboville dans sa Peugeot 202, il arrive à Mbahiakro le 16 juin 1948.
Il est reçu dans la modeste Chapelle en briques de terre datant d’avant 1935. Lucien KRA, chef chrétien, lui trouve une maison à louer.
17 juin 1948. Première messe du Père GIRÉ.
Mgr BOIVIN lui a donné 25.000 francs, comme premier acompte pour la fondation de la Mission. Il commence à construire une maison et une nouvelle École. Chrétiens et catéchumènes donnent un coup de main pour extraire le sable et les pierres, des maisons de commerce donnent du ciment et des tôles…
Le Père visite les villages : plusieurs ont une petite communauté chrétienne et une École qui marchent bien.
5 décembre 1948. Bénédiction de la maison.
1949. 3 janvier. Ouverture de la nouvelle École, sur le terrain de la Mission, avec 15 élèves.
3 avril. Première visite de l’évêque, Mgr BOIVIN.
17 avril. Jour de Pâques. 16 baptêmes.
1950. 16 février. Le Père GIRÉ part en congé. Il ne reviendra pas. Il mourra près de Rome le 22 janvier 55.
25 février. Arrivée du Père Prosper MALO. Après avoir payé les moniteurs. La caisse est vide. Le Père fait appel de tous côtés à la générosité chrétienne. Il reçoit un frigidaire, de l’argent pour 4 mois de solde des maîtres, un don de 100.000 francs ; le ministre français des Affaires Étrangères, Robert SCHUMAN, lui envoie 125.00 mille francs pour l’achat d’une camionnette Citroën.
1951. Le Père MALO a maintenant un moyen de locomotion et peut visiter facilement le village. Dans le canton Abbey, il constate un mouvement de sympathie envers le christianisme. Dans plusieurs villages, les chrétiens construisent des églises. En même temps, il entreprend les démarches pour la reconnaissance officielle de l’École.
Octobre 1952. Arrivée du Père Georges LEGRAND.
Février 1953. Le Père CHASSAIGNON, de Ouellé, partant comme curé de Bouaké, la Mission de Ouellé est rattachée à Mbahiakro, qui devra donc s’occuper aussi de Prikro, Ouellé et Daoukro !
Mai 1953. Le Père MALO s’en va. Il est remplacé par l’abbé Alfred NGORAN KOUAKOU qui arrive en août. Avec une ardeur infatigable, il parcourt les villages, faisant de nombreux baptêmes.
Dans ces années, on verra passer par Mbahiakro pas mal de Pères, surtout des jeunes. Mbahiakro est un peu, dans le diocèse, le terrain d’apprentissage des Pères en pays Baoulé. On verra ainsi les courts séjours des Pères Jean ÉVAIN (53), Paul LE GOFF (54), René MENARD (54), Jean-Claude DENNIEL (55). Clément AUDRAIN (55), Émile HÉGRON (56), Paul GOTTE (57), Jean BAUDUCEL (58).
Septembre 1957. Le Père LEGRAND s’en va. Il est remplacé par le Père Joseph PUAUT, qui fera un court séjour, mais en profitera pour construire la nouvelle église.
9 novembre 1957. Accompagnées de Mgr DUIRAT et de deux Clercs de Saint Viateur, arrivent les premières Sœurs de la Sainte Famille : les Sœurs Hélène CALMELS et Odile CONSTANS. L’année précédente, Mgr DUIRAT était passé chez elles, à Villefranche-de-Rouergue, à l’occasion d’une visite aux Clercs de Saint Viateur. Il leur avait proposé plusieurs postes dans le diocèse, précisant que celui de Mbahiakro était le plus urgent.
En arrivant, elles trouvent une École toute prête, en bordure de la ville. Une des quatre classes leur sert de logement, en attendant. L’école débute dès novembre avec 50 filles, venues de l’École de la Mission. Les Sœurs s’engagent bientôt dans la catéchèse, la visite des villages, les soins aux malades, l’étude du Baoulé. Elles ouvrent un internat.
1958. Bénédiction de la nouvelle église. Départ de l’abbé Alfred KOUAKOU.
1959. 1er mai. Les Sœurs entrent dans une nouvelle maison. Elles auront bientôt du renfort et ouvriront de nouvelles maisons à Toumodi (59), Yamoussoukro (60), Tiébissou (63).
Le Père PUAUT s’en va. Il est remplacé par le Père Maurice PAVAGEAU, qui restera treize ans (59-72). Durant ces années, plusieurs vicaires viendront le seconder :
Joseph ÉVAIN (59-60),
Louis FROMY (60-61),
Jean-Pierre MICHAUD (61-63),
Gérard LANDAIS (63-64),
Michel DENIAUD (64-70)
Vital KOMÉNAN YAO (67-68) : enfants du pays, il arrive de Rome où il avait été ordonné au cours de ses études en novembre 64.
Hilaire PONYA, prêtre Burkinabé (70-71),
Clovis NIEL (71-72)
Octobre 1972. Le Père PAVAGEAU est nommé à Bouaké. Le Père Petrus REYNARD le remplace, avec les Pères :
Enrique RUIZ (72-73),
Roger LARRIVE (74-76),
Jean-Marie MATHON (78-84).
29 juillet 1973. L’abbé Vital KOMÉNAN YAO est sacré évêque de Bouaké. Le 15 août suivant, il vient célébrer sa première messe épiscopale à Mbahiakro. Septembre 1980. Départ du Père Petrus. Le Père MATHON devient curé, aidé quelque temps par l’abbé Joseph YAO KOUAKOU (mars-septembre 81, mai-juillet 84).
Le Père MATHON continue les aménagements de la Mission et de l’église commencés par le Père Petrus.
Été 1983. Mbahiakro fête solennellement les dix ans d’épiscopat de Mgr Vital et les 35 ans de la paroisse.
Août 1984. Le Père MATHON est nommé à Yamoussoukro. C’est le Père Giovanni DE FRANCESCHI, prêtre italien du PIME, qui vient diriger la paroisse. Désormais, ce sont les prêtres du PIME, italiens et brésiliens, qui viendront à Mbahiakro comme à Prikro. Le Père Giovanni sera aidé par le Père Jaeder DA ROCHA en 85-86. Septembre 1986. Le Père Carlo GHISLANDI remplace le Père Giovanni parti en Italie au service de sa Société.
Il sera secondé par le Père Francisco-Vicente DA SILVA de 87 à 93 et le Père Antonio NUNES depuis 93.

OUELLÉ : NOTRE-DAME DE LA PAIX (1948)

L’Église est arrivée dans la région de Ouellé aux environs des années 30. Des jeunes partis travailler en pays Agni ou en basse-côte y ont découvert des communautés chrétiennes et ont commencé à en former chez eux.
C’est ainsi que Jean-Baptiste ADJOUMANI, originaire de Kongoli, connut l’Église à Agnibilékro chez le tuteur BLÉDOU. De retour chez lui, il alla s’installer à Daourébo, s’y maria et commença à réunir une petite communauté.
L’Église était née de manière analogue à Krégbé, et le Père SCHMIDT, curé de Dimbokro, y venait parfois. Jean-Baptiste prit contact avec lui et le Père envoya les jeunes de Krégbé pour enseigner la communauté naissante. C’est d’ailleurs à Krégbé que les premiers baptêmes furent donnés.
Le Père SCHMIDT visita Daourébo et d’autres villages où l’Église commençait aussi : Kongoti, Paningokro, Kouakousèkro, Zanzansou, Étroukro…Très vite, il demanda au Père Louis PARAGE, venant d’Assinie, de se charger de la région. Et le Père PARAGE visita les villages de 1935 à 1939.
Par la suite, les Pères d’Abengourou prirent la relève : le Père Émile ALAINMAT (39-41), puis l’abbé René KOUASSI (42-43) deux hommes vigoureux en paroles et en actions.
À partir de 1943, la région fût rattachée à Bongouanou et confiée particulièrement au Père CHASSAIGNON. Il trouva un bon accueil à Ouellé chez un commerçant et planteur français, Émile BOUGAREL, qui habitait à la sortie de la ville, sur la route de Bouaké, ce qui lui permettait de faire de longs séjours dans la région, d’autant plus que son cœur commençait à s’y attacher fortement.
Le Père ‘’Chasse’’ était un homme très communicatif, surtout avec les enfants, on le surnommait ‘’le blanc des enfants’’. Sur place, il trouva un guide en la personne du vieux DJO NGOTTA Eugène qui l’aida à trouver un terrain pour s’installer. Un planteur, NYAMIEN Jean-Clément, lui céda sa plantation de café où se trouve actuellement la Mission.
Le Père exploitait lui-même la plantation. C’était une curiosité de voir un Blanc avec la machette comme les villageois.
Sur ce terrain, le Père construisit une maison et un salon qui servait de Chapelle (elle existe toujours) : il s’y installa et fonda la Mission en la dédiant à Notre-Dame de la Paix.
Depuis 1947, un Belge, le Père COLA, était venu travailler avec lui. Il restera quatre ans. C’était un grand chasseur. Il distribuait le fruit de sa chasse au cours de ses tournées dans les villages qu’il effectuait à pied et qui le menaient de Zanzansou à Étroukro.
Janvier 1952, le Père Prosper MALO remplace le Père ‘’Chasse’’. Il restera 7 ans, avec pour vicaires Père Jean ÉVAIN (54-56), l’abbé Barthélemy KROU (56-57), puis le Père Marcel CALMET, arrivé en 57. Ils visitaient les villages à bicyclette. C’est le Père MALO qui construisit la première église, à côté de la Mission. Il construisit aussi les deux premières classes de l’École.
Au départ du Père MALO, en juin 59, le Père CALMET prend la charge de la paroisse. Il est rejoint par le Père Joseph PACREAU qui lui succède en 1964.
On verra passer rapidement à Ouellé :
Le Père Louis FROMY (septembre-décembre 61),
Le Père Paul LE GOFF (septembre 62), qui ira presque aussitôt s’installer à Daoukro,
Le Père Émile HÉGRON (63-64), qui ira fonder Prikro.
En 1963, arrivent les premières Sœurs de la Pommeraye : elles s’installent dans un magasin cédé par un commerçant.
Au mois de septembre, c’est le tour du Père Jean-Pierre MICHAUD, qui devient curé de la paroisse en 1964.
Le Père MICHAUD a laissé le souvenir d’un travailleur acharné et infatigable. Il avait le ‘’charisme’’ des Écoles, qui étaient florissantes à cette époque. C’est lui qui réalisa aussi, avec l’aide du Père Clovis NIEL, la grande église actuelle.
Plusieurs Pères ont travaillé avec lui à cette époque :
– L’abbé Joseph YAO KOUAKOU (66-70),
– L’abbé Jean-Marie MATHON, séminariste (68-70),
– Le Père Pétrus REYNARD (70-72),
– Le Père Eugène DUCASTAING (72-74), dont la douceur et la patience attiraient des foules d’enfants,
– Le Père Clovis NIEL (janvier-décembre 73).
– Le Père Adrien JEANNE, arrivé en septembre 75, fût chargé spécialement du secteur d’Ananda. Il y construisit une maison où il résidait habituellement. Homme de contact et de dialogue, il y accueillait beaucoup de monde. Il rayonnait aussi dans tout le diocèse pour la formation des catéchistes.
Rentré en France en 77, le Père MICHAUD est remplacé par le Père René HOC. C’est lui qui fonde le village ‘’Akwaba’’, Foyer pour les collégiens.
Mais les temps sont difficiles, la sécheresse sévit, l’exode rural s’amplifie. Malgré la création d’un Collège, Ouellé dépérit. Les Sœurs s’en vont (88), les Écoles se ferment (89) …
1990. Le Père Adrien quitte Ananda pour un an de recyclage en Allemagne. À son retour, il ira à Béoumi où il laissera sa vie de la manière tragique que l’on sait.
1991. Le Père René est remplacé par l’abbé Joseph ÉKAZA, arrivé depuis deux ans. Le Père NIEL revient pour quelques mois.
15 août 92. Un enfant du pays, l’abbé Siméon KOUAMÉ OI KOUAMÉ, qui fait ses études en Espagne, est ordonné prêtre à la Basilique. Le 23 août, il célèbre sa première messe à Ouellé, avant de repartir terminer ses études.
Septembre 92. Arrivée du Père Gérard BOULLERY. Il est rejoint en septembre 94 par un nouveau prêtre, l’abbé Fulbert ATIWA KOUADIO.
Économiquement, Ouellé est un peu en sommeil, mais 36 villages ont des communautés chrétiennes, et de nombreux catéchistes sont à l’œuvre.

PRIKRO : NATIVITÉ DE NOTRE-DAME (1964)

La région de Prikro est habitée surtout par les ‘’Andos’’ qui ont la particularité d’être islamisés à 80%. Certains sont musulmans par leur origine : ce sont des Mandés venus autrefois du Mali. D’autres sont devenus musulmans par suite d’alliances avec Samory, qui assurait protection moyennant paiement et conversion à l’Islam.
C’est en 1937 que le pays Ando a vu le premier missionnaire, le Père Jean ALLEZARD, de Bouaké, voulant prospecter la partie Est de la Mission, vient à vélo et s’aventure jusqu’à la Comoé au village d’Ahouan-Bonvoisso. Il se forme tout de suite une petite communauté chrétienne : les premiers catéchumènes vont se faire enseigner et baptiser à Bouaké.
1947. le Père Eugène OLIVAIN amène avec lui Ernest NGUESSAN qui s’installe comme catéchiste à Koffi Amoukro. Il est difficile d’aller plus au Nord : avant 1962, il n’y aura pas de piste valable.
1948. ouverture de la mission de Mbahiakro. Désormais, c’est de là que les Pères viendront pour visiter la région notamment l’abbé Alfred KOUAKOU, dans les années 50, puis les Pères MALO, LEGRAND, PUAUT, PAVAGEAU.
L’abbé Alfred visite surtout la partie Sud. Certains villages qui s’avèrent plus ouverts sont visités 2 ou 3 fois par an. C’est alors que le village de Prikro est contacté, en 1955. L’abbé Alfred, selon les idées du temps, baptisait vite, espérant que les Andos baptisés ne passeraient pas à l’Islam. Cela s’avéra exact dans la plupart des cas, sauf pour les jeunes filles épousées par des musulmans. Il faut dire aussi que des menaces de sanctions sévères pesaient sur les éventuels ‘’renégats’’.
La même année 1948, avait été fondée la Mission de Ouellé. Les Pères visitaient aussi les villages rapprochés. On a vu passer dans la région les Pères EVAIN (54), CALMET (58), PACREAU (60).
Dans les années 55, il y avait 7 Écoles de la Mission dans les villages. Elles ont dû être fermées faute de parents prêts à payer les scolarités. Des Écoles publiques ont pris la place.
1962. Le Père Émile HÉGRON, arrivé à Ouellé l’année précédente, et qui a commencé à visiter la région, s’installe à Prikro. Il y a alors une quinzaine de communautés chrétiennes, 200 baptisés, mais seulement 3 catéchistes.
La même année, Prikro devient sous-préfecture. Le Père HÉGRON construit la résidence du sous-préfet, et le fruit de son travail lui permet de commencer la construction de l’église.
Elle est bénie le 8 septembre 1967, en la fête de la Nativité de Notre-Dame, fête qui a donné son nom à la paroisse.
1969. Arrivée des premières Sœurs.
Mgr DUIRAT cherchait à installer des Sœurs à Prikro. Mais les deux premières Congrégations contactées avaient été effrayées par la situation de ce bled perdu. Enfin, une Congrégation toute jeune, celle des Missionnaires Clarétaines (du nom de Saint Antoine-Marie Claret), fondée au Brésil en 1958, accepte le défi. Les Sœurs Leda, Ermerinda et Leonilda arrivent le 30 septembre, pour s’engager dans la Pastorale et la santé : dispensaire, maternité, PMI.
Le Père HÉGRON, qui est en train de finir sa nouvelle habitation, lance le chantier de la maison des Sœurs.
Dans ces années, l’équipe du Père HUSSON travaille dans les villages pour la formation des agriculteurs : JAC, GVC… Le Père HÉGRON donne l’exemple : l’élevage de poulets, construction de citernes dans les villages où le problème d’eau est crucial en saison sèche.
Le Père HÉGRON, longtemps, seul, sera aidé ou remplacé quelque temps par les Pères Clovis NIEL et Eugène DUSCASTAING (73-74), plus tard par le Père Paul GAUTRET (82).
En 1979, le Père HÉGRON construit le Centre d’Hébergement et de Puériculture qui deviendra en 85 le Foyer Féminin, pour que les Sœurs puissent donner aux femmes une éducation sanitaire et ménagère, et y ajouter pour les chrétiennes, une formation religieuse.
À partir de 1979, le complexe sucrier installé à Famienkro attirera une nombreuse main d’œuvre, et la communauté chrétienne y sera très vivante. Mais quatre ans plus tard, c’est l’échec… et la dispersion.
À son départ de Prikro en 1984, le Père HÉGRON est remplacé par des Pères du PIME (Brésiliens et Italiens) :
Carlos NUNES (84-92)
Jeader DA ROCHA (84-85)
Francisco Vicente DA SILVA (84-85)
Puis Carlos Antonio DA SILVA (85-90, 92…)
Luciano GONZALES (90…)
Graziano MICHIELAN (92…)
En 1992, l’ouverture d’un Collège apporte une dimension nouvelle au travail pastoral.
En 1993 sont célébrés les premiers mariages religieux. On fête aussi les 25 ans de vie religieuse de Sœur Ermerinda, la première Sœur arrivée dans la paroisse.
En 1994, construction de 3 salles de catéchèse avec la participation de la communauté.
Ces dernières années ont été marquées par la création du Conseil Paroissial, le lancement des CV-AV dans de nombreux villages et la création de sociétés de travaux champêtres : le travail par groupe, en contrat, un jour par semaine, permet d’alimenter la caisse de la communauté. Le Père Luciano, dans la région de Ngroumagnia, s’est engagé dans la recherche et le dialogue avec les musulmans.
De nouveaux villages s’ouvrent, des catéchistes s’engagent et viennent se former : en 94, ils sont une soixantaine, pour 36 communautés.

DAOUKRO : SAINT PIERRE ET SAINT PAUL (1963)

À l’époque coloniale, la région de Daoukro dépendait de Bocanda sur le plan administratif et de Ouellé sur le plan coutumier. Il n’y avait donc ni Administration ni Gendarmerie. La région faisait partie de la ‘’boucle du cacao’’. La ville était très active sur le plan commercial. Les bandits et les voleurs venaient s’y installer au moment de la traite et redescendaient ensuite sur Abidjan. Si bien que Daoukro était surnommé le ‘’Chicago’’ de la Côte d’Ivoire.
La région de Daoukro-Ouellé semble avoir reçu sa toute première évangélisation des Pères venant d’Abengourou, dont les Pères Alphonse KIRMANN, qui deviendra le premier évêque de Daloa en 1939, et le Père André CHASSAIGNON, qui fonda les Missions de Bongouanou et de Ouellé.
Mais, les communications avec Abengourou n’étaient pas faciles à cause du manque de pont sur la Comoé. C’est ainsi que la région Krégbé-Ouellé-Daoukro fût rattachée à Dimbokro.
La Mission de Dimbokro a été fondée en 1931 par le Père SCHMIDT, qui laissa dans la région un souvenir impérissable. Il était grand, mince, et chantait admirablement. Il était d’une santé fragile, mais cependant infatigable. Il parcourait la région de Krégbé-Daoukro à vélo, puis à moto (31-34).
Les deux premiers catéchumènes de Daoukro furent Gabriel ASSIET et Albert NZI. Ils ont commencé leur catéchisme à Krégbé en 1934. En fait, ils y sont allés deux fois seulement. Ensuite, c’est le catéchiste de Krégbé, Lambert ANOKOUA, qui venait lui-même à Daoukro. Il fit le catéchisme pendant cinq ans, mais malheureusement, il fut atteint d’une maladie des yeux. Il fut alors remplacé par Antoine NYAMKEY, qui sillonna toute la région jusqu’à Daourébo.
Vint ensuite de Dimbokro, l’abbé René KOUASSI, premier prêtre ivoirien, qui venait d’être ordonné en 1934 et avait été affecté la même année à Dimbokro. L’abbé KOUASSI vint à vélo de Dimbokro à Daoukro, où il passa une seule nuit, juste le temps d’inviter les premiers catéchumènes à construire une Chapelle. C’est ainsi que fut faite la première église, à gauche, à la sortie Sud de Daoukro : une case très rudimentaire, entourée de branches de palmier et couverte de feuilles.
En 1935, cette Chapelle fut remplacée, au même endroit, par une autre plus solide, avec des murs en terre. Quand le nombre des catéchumènes augmenta (sept en 1935), le chef de village Kongo DAGOU manifesta son désaccord en les malmenant : il les faisait allonger par terre et chicoter. Albert NZI dut aller à pied à Dimbokro pour avertir les Pères de toutes les persécutions qu’enduraient les premiers fidèles.
Le Père Alphonse GUÉRIN passa ensuite à Daoukro, à moto, pour encourager les catéchumènes. Les deux premiers baptêmes furent ceux de Gabriel ASSIET, qui deviendra le premier chef chrétien de Daoukro, et d’Albert NZI. Ces baptêmes furent faits le 22 avril 1937 par le Père Louis PARAGE qui avait succédé au Père SCHMIDT à Dimbokro avec le Père Melaine ROUGER. Le Père PARAGE était d’une santé fragile et ne resta que deux ans, le temps de faire de nombreux baptêmes à Daoukro.
Quand la mission de Bongouanou fut fondée en 1942 par le Père André CHASSAIGNON, les Pères de Dimbokro laissèrent Daoukro à ceux de Bongouanou.
Le Père André CHASSAIGNON fit ses premiers baptêmes à Daoukro en 1946 et 1947.
Le Père Jules COLA, un belge, venant lui aussi de Bongouanou, baptisa énormément dans la région, entre 47 et 51. Il a laissé à Daoukro le souvenir d’un homme dévoué et infatigable. C’était aussi un grand chasseur qui appuyait son fusil sur l’épaule du catéchiste Justin COMO KOUASSI, et ensuite sur celle de Robert KANGA. Le Père faisait ensuite une large distribution de viande de singe.
Le Père CHASSAIGNON, lui, n’avait qu’un rêve, celui de fonder la Mission de Ouellé. Son rêve se réalisa. Il fonda la Mission de Ouellé en 1949, avec son compagnon, le Père COLA.
C’est ainsi que Daoukro devint une station secondaire de la mission de Ouellé. Les Pères y construisirent une petite maison en briques de terre pour y résider de temps en temps. Cette maison existe toujours dans la concession du catéchiste actuel, Robert KANGA.
En Septembre 1962, le Père Paul LE GOFF, vicaire à la Mission de Bouaké, est nommé curé de Ouellé, avec mission de préparer la fondation de Daoukro. Dès Janvier 63, Mgr DUIRAT demande au Père le GOFF d’ouvrir la Mission de Daoukro et de s’installer dans la petite case qui servait de résidence secondaire aux Pères de Ouellé. C’est ainsi que le premier baptême du registre de Daoukro est daté du 13 janvier 1963 et porte le nom d’Eugène YAO BROU.
La même année, Daoukro devient sous-préfecture, avec Mr YAHI Victor.
L’église d’alors se trouvait à côté de la maison des Pères : une construction aux murs de terre ‘’Atakpa’’, non crépis, de 15 mètres sur 5. La maison des Pères, en briques de terre non crépies, avait 10 mètres de long sur 5 de large. Elle n’était guère confortable. Et quand le Père André GUÉRET rejoint le Père LE GOFF en 1964, y vivre à deux n’était guère supportable.
En 65-66, le Père entreprend la construction d’une nouvelle Mission : un bâtiment imposant, de 28 mètres sur 10, et de 5 mètres de hauteur. Mgr DUIRAT, en le voyant, s’écria : « Oh ! c’est trop ! On va dire que les Pères sont riches. » C’est pourtant une maison bien modeste à laquelle s’ajouta une citerne de 40m3 financée par le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY.
En 1963, il y avait une École Catholique de 4 classes. Malheureusement, un fromager de 50 mètres tomba un jour sur l’École, détruisant trois classes. Elles furent reconstruites, et aujourd’hui le Groupe Scolaire de la Mission compte trois Écoles mixtes de 6 classes chacune, avec 5 logements pour les maîtres.
Juin 1967. Un télégramme arrive, annonçant la venue des Sœurs de la Congrégation des Filles de Jésus. On leur attribue un terrain qui n’est autre que l’ancien cimetière Baoulé qu’il faut entièrement défricher : un travail dont le souvenir restera longtemps gravé dans les mémoires.
Trois mois plus tard, leur maison était construite, ainsi que les trois premières classes de l’École de filles. Les Sœurs Madeleine et Claire arrivent le 17 septembre, Sœur Roseline, arrivée en 72, sont toujours là. Leur mission ne cessera de se développer, avec un grand bâtiment pour la promotion de la femme, un Foyer de jeunes filles et une salle d’études pour les lycéennes. Elles fonderont une maison à Brobo en 1983.
Le Père GUÉRET quitte Daoukro en 68. Viendront les Pères Adrien JEANNE (68-69), Pierre CHASSAIGNE (69-70), Michel DENIAUD (70-83).
En 1970, s’ouvre le chantier de la nouvelle église. C’est une construction métallique en forme de trapèze. Avant la maçonnerie, on aurait pu imaginer un ‘’Concorde’’ au décollage. Les travaux se font avec les moyens de bord.
Le 11 novembre 74 commencent les travaux du clocher : une tour carrée de 3,5 mètres de côté et de 23 mètres de hauteur, surplombée d’une croix de 5 mètres. On y ajoutera un escalier de bois qui permet aux nombreux visiteurs de contempler la ville de Daoukro et le paysage montagneux environnant.
1976. Bénédiction de l’église et du clocher par Mgr Vital YAO. On lui donne comme patrons les Saints Apôtres Pierre et Paul. Une troisième cloche fut plus tard offerte par les FEBVAY, une famille française ayant résidé anciennement à Kotobi.
L’année 1993 verra l’agrandissement de cette église devenue trop petite : prolongement en avant, addition de deux ailes. En voie d’achèvement, elle aura l’honneur d’accueillir, la nuit de Noël 93, le nouveau Président de la République, Mr Henri KONAN BÉDIÉ, illustre fils de Daoukro.
Septembre 94. Le Père LE GOFF rentre pour un service en France. C’est le Père André GUÉRET qui revient dans ces lieux qu’il avait contribué à bâtir vingt ans plus tôt.

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QUELQUES CHIFFRES POUR 1994

Paroisses

Population

Baptisés

Catéchumènes

 

 

 

 

 

 

Ste Thérèse

100.000

19.000

2.350

 

St Paul et Ste Marie

41.000

1.800

440

 

ND de Nazareth

53.000

2.500

740

 

St Martin

70.000

8.000

980

 

St Jean-Baptiste

45.000

3.400

1.440

 

St Pierre

 

VILLE DE BOUAKE

50.000

359.000

4.100

38.000

950

6.900

 

Béoumi

58.000

3.300

620

 

Sakassou

70.000

1.900

550

 

Botro-Bodokro

39.000

1.020

800

 

Brobo

21.500

450

250

 

Mbahiakro

40.000

3.5000

700

 

Prikro

54.000

3.800

2.100

 

Ouellé

24.500

10.060

950

 

Daoukro

49.000

5.750

1.550

 

TOUT LE DIOCESE

715.000

68.580

14.420

 

Ensemble des chrétiens : 83.000
Pourcentage de la population : 11,6%